LE JOURNAL
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Après Allal El Fassi, fondateur du parti de l’Istiqlal et idéologue du « Grand Maroc », et Hamid Chabat, ancien secrétaire général du même parti, voilà qu’Ahmed Raïssouni, ancien président du Mouvement de l’unicité et de la réforme (MUR), soutient à son tour que la Mauritanie serait marocaine.
En août 2022, il a qualifié l’existence de la Mauritanie d’« erreur » et affirmé que le Maroc devait retrouver ses frontières historiques.
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En août 2022, j’ai dénoncé les déclarations d’Ahmed Raissouni appelant à marcher sur Tindouf. J’y voyais l’expression du fantasme du « Grand Maroc », nourri par une culture politique expansionniste et irrédentiste. J’avais souligné que la référence constitutionnelle aux « frontières authentiques » du royaume constituait la matrice de cet expansionnisme et alimentait les revendications territoriales marocaines, en contradiction avec le respect de la souveraineté des États voisins et l’esprit de bon voisinage.
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Maroc : l’ambigüité de la notion de « frontières authentiques »
En effet, cette vision expansionniste ressurgit régulièrement dans le discours politique marocain, alors même que le royaume n’a reconnu l’indépendance de la Mauritanie qu’en 1969, neuf ans après l’indépendance de ce pays.
Allal El Fassi s’était opposé à cette reconnaissance au nom de sa conception du « Grand Maroc ». Hamid Chabat avait ravivé cette revendication en décembre 2016, provoquant une crise diplomatique avec Nouakchott.
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Cette conception territoriale renvoie à l’ambiguïté de la notion de « frontières authentiques », inscrite à l’article 42 de la Constitution marocaine de 2011. Celui-ci dispose : « Il ( le roi) est le Garant de l’indépendance du pays et de l’intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques. »
Sans définir géographiquement ces frontières, le texte emploie une formule que les partisans du « Grand Maroc » peuvent mobiliser pour défendre une lecture extensive du territoire historique du royaume.
L’occupation du Sahara occidental s’inscrit dans cette même logique de revendications territoriales. Elle présente des similitudes avec la politique israélienne d’occupation et d’annexion des territoires palestiniens.
Dans les deux cas, les revendications territoriales se heurtent au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et aux contestations internationales portant sur le statut des territoires concernés.
Maroc, Israël : même ADN
Le rapprochement entre ces deux situations souligne une question fondamentale : jusqu’où un État peut-il invoquer son histoire pour justifier des revendications territoriales au détriment des frontières reconnues et du droit des peuples à décider de leur avenir ? La réponse se trouve dans l’ADN même des expansionnistes colonialistes.
Le 24 mai 2022, dans un entretien accordé à l’agence de presse sahraouie SPS, je déclarais : « Le Maroc et l’entité sioniste ont en partage l’expansionnisme institutionnalisé. Ces deux régimes ont le même ADN : la violation systématique, préméditée et planifiée des droits des peuples qu’ils assujettissent, ainsi que la spoliation massive de leurs ressources naturelles. »
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Source : TSA Algérie