LE JOURNAL
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Les forces d’occupation sionistes ont procédé à 110 arrestations dans le gouvernorat d’El-Khalil, dont sept enfants et trois femmes, depuis le début de leur agression qui se poursuit pour le sixième jour consécutif.
Parallèlement, les attaques des colons se multiplient dans plusieurs régions de la Cisjordanie occupée, ciblant notamment les agriculteurs durant la récolte des olives, les habitations et les infrastructures de base.
Selon un communiqué publié mercredi par le Club des prisonniers palestiniens, la campagne d’arrestations à El-Khalil a également touché des dizaines d’anciens détenus libérés, des personnes en situation de handicap ainsi que des proches de martyrs. L’organisation estime que la multiplication des arrestations d’anciens détenus et l’élargissement des opérations aux familles traduisent le recours à la détention comme moyen de pression et de punition collective. Sur les trois femmes arrêtées, deux ont été libérées, tandis que la troisième demeure en cours d’interrogatoire au centre de détention de Moscobiya. Les forces d’occupation continuent également de détenir huit proches de martyrs, après avoir prolongé leur détention et les avoir transférés vers des centres d’interrogatoire. La campagne ne se limite pas aux arrestations. Elle s’accompagne d’interrogatoires sur le terrain visant des centaines de citoyens dans les rues, aux barrages militaires et à l’intérieur des habitations, ainsi que de passages à tabac et de mauvais traitements, souligne le Club des prisonniers palestiniens. Les fermetures de routes et d’accès, conjuguées au durcissement des restrictions de circulation, paralysent la vie quotidienne et entravent l’accès des habitants à leur lieu de travail et aux services essentiels. Des familles ont également été contraintes de quitter leurs logements. L’organisation souligne que les répercussions de cette campagne dépassent les personnes arrêtées et affectent leurs familles ainsi que leur environnement social. Elle rapproche les opérations menées à El-Khalil des pratiques d’arrestations massives, d’interrogatoires sur le terrain et de déplacements forcés déjà observées dans d’autres gouvernorats, notamment à Jénine et à Tulkarem.
Près de 5 000 habitants affectés
Sur le terrain, les forces d’occupation poursuivaient mercredi le siège et la fermeture des quartiers d’Al-Jalda et de Deir Baha, dans la ville d’El-Khalil. Les perquisitions de domiciles se poursuivent, accompagnées de dégradations de biens. Selon des témoignages, les forces d’occupation investissent des maisons dont les habitants ont été expulsés de force et ont transformé plusieurs d’entre elles en casernes militaires. La municipalité d’El-Khalil a indiqué qu’environ 780 familles ont été affectées par l’agression. Près de 5 000 habitants sont désormais soit déplacés de force, soit assiégés à l’intérieur de leurs maisons. La situation est particulièrement critique dans les deux quartiers soumis à un bouclage renforcé depuis vendredi dernier. Par ailleurs, quatre Palestiniens ont été arrêtés lors de raids menés par les forces d’occupation à Doura et dans le camp d’Al-Fawwar, au sud du gouvernorat. Leurs domiciles ont été perquisitionnés et fouillés. Dans sa dernière mise en garde, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a averti mardi que l’opération menée par les forces d’occupation à El-Khalil suscitait de sérieuses préoccupations quant à un risque de nettoyage ethnique. Il a notamment évoqué la destruction de logements et de biens commerciaux ainsi que les restrictions imposées à la liberté de circulation des habitants. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a, pour sa part, indiqué que ses partenaires humanitaires soutenaient les autorités locales afin de répondre aux besoins de plus de 3 000 personnes contraintes de quitter leur domicile depuis vendredi. Ce chiffre concerne les personnes déplacées, tandis que l’estimation de la municipalité, qui avoisine les 5 000 habitants, inclut également les personnes assiégées chez elles.
Les colons s’en prennent aux agriculteurs et aux infrastructures
En parallèle, plusieurs régions de la Cisjordanie occupée ont été le théâtre de nouvelles attaques de colons au cours des dernières 24 heures. Des cueilleurs d’olives et des habitations palestiniennes ont été pris pour cible, tandis que des réseaux électriques ont été endommagés et des récoltes ainsi que du matériel agricole dérobés. Des agriculteurs ont notamment été blessés dans le village de Deïr Jarir, à l’est de Ramallah. Les agressions se sont concentrées dans les gouvernorats de Naplouse, de Ramallah et de Qalqilya. Plusieurs attaques ont été menées sous la protection des forces d’occupation, voire avec leur participation, selon les informations rapportées. À Deïr Jarir, des Palestiniens ont été blessés lors d’une attaque menée par des colons contre des cueilleurs d’olives, sous la protection de l’armée d’occupation. Aucun bilan précis des blessés ni détail sur la nature de leurs blessures n’était disponible dans l’immédiat. Une autre attaque a visé des agriculteurs occupés à la récolte des olives sur les terres de Beït Ur al-Tahta, à l’ouest de Ramallah, où des colons ont agi aux côtés des forces d’occupation. Dans le gouvernorat de Qalqiliya, des cueilleurs ont également été agressés dans la zone d’Al-Batin, dans la localité d’Immatin, à l’est de la ville.
Habitations, réseau électrique et récoltes ciblés
Dans la localité de Beita, au sud de Naplouse, des colons ont coupé l’électricité d’une maison appartenant à Salah Adili, située à la périphérie de la localité, avant de tenter d’y pénétrer.
Dans la zone de Khallat Mihra, également à Beïta, des colons ont agressé des habitants et dérobé des olives ainsi que les bâches utilisées par les agriculteurs pour recueillir leur récolte. Cette attaque a ainsi touché à la fois la production agricole et les équipements nécessaires à son exploitation.
Dans le village voisin de Madama, des colons ont mené des travaux de terrassement et arraché des poteaux électriques dans la partie nord de la localité.
Le réseau électrique s’est alors effondré sur des oliviers. Ces agressions illustrent l’élargissement des attaques, qui ne visent plus uniquement les agriculteurs dans leurs champs, mais également les habitations et les infrastructures essentielles, aggravant les difficultés des familles palestiniennes en pleine saison de récolte.
Les pluies aggravent la situation dans les vallées du Jourdain
Dans le nord de la vallée du Jourdain, les habitants font face à des conditions de vie particulièrement difficiles en raison des fortes pluies, dans un contexte marqué par les restrictions imposées par l’occupation et les agressions des colons.
Ces conditions accentuent la vulnérabilité des populations et réduisent leur capacité à faire face aux conséquences des intempéries. Entre les blessures infligées aux cueilleurs d’olives, le vol des récoltes, les dégradations des réseaux électriques et les tentatives d’intrusion dans les habitations, les attaques affectent directement la sécurité des Palestiniens, leurs moyens de subsistance et leur accès aux services essentiels. En pleine saison de récolte, l’accès aux terres agricoles et leur exploitation deviennent ainsi une épreuve quotidienne pour les habitants de la Cisjordanie occupée.
M. Seghilani
Source : Le Courrier d’Algérie