LE JOURNAL
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D'après mon estimation personnelle, toute décision que le pays a prise ou que la Mauritanie veut prendre est une décision souveraine, un de ses droits, et elle doit la prendre avec courage et au grand jour, même si c'est contre les Sahraouis eux-mêmes. Ce qui est soulevé ces jours-ci autour de la discussion de la question des frontières avec les Nations Unies, et la question de la ville de Lgouira, a rendu les Sahraouis et leurs amis perplexes, et ils ouvrent à nouveau une page de l'histoire qui n'a pas encore séché.
Si nous revoyons l'histoire, nous trouvons que le régime de nos frères en Mauritanie a commencé à s'occuper positivement du partage du Sahara Occidental avec le Maroc, en secret, depuis l'année 1972 , dans le dos des « frères » sahraouis qui juraient sur le Coran que la Mauritanie, quoi qu'il arrive, ne leur trahirait pas et ne leur planterait pas un couteau dans le dos. À cause de ce qui s'est passé en l'année 1975, avec l'exode du peuple sahraoui et le partage de sa terre avec la participation des « frères », les Sahraouis ont commencé à traiter la situation avec beaucoup de prudence selon la théorie : « qui a été piqué par un serpent, craint une corde ».
Dans ce contexte, la Mauritanie officielle devait, dès le premier instant, lever tout doute et mettre les points sur les i, de manière limpide, autour des deux points clairs qui ont fait couler, récemment, beaucoup d'encre, à savoir : premièrement, clarifier la question des frontières et la formation du comité demandé par la Mauritanie à l'ONU, et qui figure dans le rapport du Secrétaire général (S/2026/781) ; et deuxièmement, les informations publiées par le magazine franco-marocain « Jeune Afrique » (dimanche 18 octobre 2026) qui ont fait état d'une prétendue volonté de la Mauritanie d'échanger la ville saharienne de Légouira contre la reconnaissance par le Maroc de la souveraineté, ou contre la normalisation, et le retrait de la reconnaissance de la République sahraouie.
Analysons à présent quelques points qui figurent dans la déclaration du porte-parole officiel du gouvernement mauritanien au sujet des deux questions mentionnées.
Le porte-parole officiel du gouvernement mauritanien a pris la parole après un silence, mais au lieu de prononcer trois ou quatre mots clairs sur le sujet qui suscitait le doute, il a encore compliqué et embrouillé les choses, et il a semblé expliquer l'ambiguïté par l'ambiguïté.
Lisons ce qu'a dit le porte-parole officiel du gouvernement mauritanien le 21 octobre 2026, : « En ce qui concerne les frontières nord, les relations entre le gouvernement mauritanien et ses voisins et frères sont au-dessus de ce qui est requis, et il n'y a aucun problème entre nous et aucun État voisin, en particulier du côté nord, dont vous avez dit qu'il contient des données ou des informations selon lesquelles certaines choses ont été dites par certains journaux. Le gouvernement est attaché à sa position constante de soutien à une solution pacifique convenue sous les auspices des Nations Unies. L'objectif de l'examen de la délimitation des frontières est d'éviter toute ambiguïté qui pourrait avoir des implications de sécurité, juridiques ou économiques, et il ne faut pas attribuer à cet examen des intentions ou des demandes que la Mauritanie n'a pas annoncées ». Fin de la déclaration ou de la sortie du silence.
Cette déclaration n'a pas du tout levé l'ambiguïté. D'une part, c'est une déclaration qui a été mise à flot dans une mer de discussions injustifiées sur les relations de la Mauritanie avec les pays voisins, alors que la demande est spécifique, à savoir : pourquoi la Mauritanie a-t-elle parlé des frontières et de la formation d'une commission, alors que la question des frontières est réglée ? Et pourquoi ne dément-elle pas le journal français/marocain et ne le cite pas nommément ? En réalité, ce que le journal a écrit est grave et entraîne, si cela est inexact, le dépôt d'une plainte en justice contre le journal en France. Le sujet dans ses deux parties concerne uniquement les Sahraouis et leurs frontières, alors que l'homme n'a pas mentionné le mot Sahara occidental ni les Sahraouis qui attendent des éclaircissements. Il n'a mentionné que le terme de voisins « du nord », terme utilisé par le lobby marocain en Mauritanie, qui saute sur l'existence du Sahara occidental et dit que le voisin nord de la Mauritanie est le Maroc.
Dans l'affaire des frontières que le Secrétaire général des Nations unies a mentionnée, et que la Mauritanie a soulevée, les relations de la Mauritanie avec les pays voisins n'ont pas leur place ; la question concerne les frontières avec le Sahara occidental. Lorsque le porte-parole officiel du gouvernement mauritanien dit que parler de délimitation des frontières vise "à éviter toute ambiguïté qui pourrait avoir des implications juridiques", il a franchi une ligne rouge, car le droit international est clair, et les frontières sont claires et délimitées au millimètre près. Est-ce que cette ambiguïté signifie qu'il y a réellement quelque chose qui se trame en secret ? Car le simple fait de parler d'implications juridiques signifie que la Mauritanie veut sortir de ce qui était considéré comme acquis auparavant concernant la question de la ligne de démarcation entre la Mauritanie et le Sahara occidental, délimitée par des traités internationaux. Le porte-parole officiel parle de "la position constante du gouvernement [mauritanien] qui soutient une solution pacifique convenue sous la houlette des Nations unies". Ces paroles sont les mêmes que celles du Makhzen : le Maroc dit que sa position est constante et qu'il soutient une solution pacifique convenue sous la houlette des Nations unies.
Dans de telles questions claires, il ne convient pas de jouer avec les mots ni de les laisser flotter dans l'air, et le fait de ne pas donner aux choses leur véritable nom ne fait qu'ajouter à l'ambiguïté.
D'après mon estimation personnelle, la sortie de la Mauritanie de son silence doit être claire et ne pas dévier de ce qui suit : premièrement, un démenti formel, au nom de la publication, du journal français/marocain "Jeune Afrique", qui a accusé la Mauritanie d'une grave accusation ; deuxièmement, une explication à la direction sahraouie sur le contenu du rapport du Secrétaire général concernant la question d'une commission chargée d'examiner les frontières.
Si cela ne se produit pas, le gouvernement sahraoui sera dans l'obligation de demander des éclaircissements au gouvernement mauritanien, et cela signifie que ce qui était caché est désormais révélé.
Source : Echorouk