LE JOURNAL
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Dans un entretien à la chaîne algérienne internationale AL 24 News, la juge sud-africaine, lauréate du Nobel de la paix 2026 et présidente de la Commission internationale indépendante d’enquête sur les territoires palestiniens occupés, Navi Pillay, a estimé qu’il ne saurait y avoir de solution juste au problème sahraoui sans le droit à l’autodétermination. Elle a exprimé son profond regret que la crise ne soit qu’un conflit de longue date qui pèse sur le peuple sahraoui, affirmant qu’ « il n’y a aucune solution à l’horizon dans un avenir proche ». Elle a précisé dans ce cadre que la mobilisation pour le soutien du droit du peuple sahraoui devrait s’intensifier appelant dans ce contexte, « à ne pas baisser les bras et à poursuivre le soutien absolu au droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination, exhortant à davantage d’action collective et de lutte continue entre les gouvernements et la société civile pour rendre les revendications populaires claires et manifestes devant les instances internationales ». Elle a rappelé dans ce cadre que le dossier relève d’une question de « colonisation », un sujet inscrit de manière permanente à l’ordre du jour des Nations unies et du Conseil de sécurité, qui a discuté de ce dossier récemment. Abordant le travail de la Cour pénale internationale, Mme Pillay a mis en garde contre le danger de l’intervention de pays dotés d’une forte influence dans les cours de la justice internationale, considérant que cette intervention suscite une vive inquiétude face aux attaques dont fait l’objet la souveraineté du droit international. Cette attitude est partagée par de nombreuses personnalités politiques du monde entier qui estiment que les entraves mises en place par les anciennes puissances coloniales et les USA pour bloquer le travail de la Cour pénale internationale sur le génocide actuellement en cours en Palestine sont une atteinte au droit international. Le droit du véto « doit être repensé » Elle a affirmé que les peuples du monde ne recherchent pas seulement la paix, « mais aspirent à trois éléments ensemble : la paix, la justice et la responsabilité, notant que la convention sur le génocide oblige chaque État à prévenir ce crime majeur partout où il se produit. Dans ses réponses, Mme Pilay a passé en revue sa carrière professionnelle qui s’étend sur 60 ans, considérant sa nomination et l’obtention de son prix Nobel comme une étape vers le traitement de l’injustice résultant de la discrimination persistante contre les femmes, étant la seule femme parmi cinq personnalités en Afrique du Sud à avoir reçu cet honneur ( le prix Nobel de la paix ndlr). Abordant l’incapacité du Conseil de sécurité de l’ONU a être un outil pour la promotion de la paix dans le monde, elle a estimé que le recours de certains états membres au véto pour protéger leurs alliés est une atteinte aux aspirations des peuples à un monde justice. Elle a appelé dans ce contexte à réformer le mécanisme du « veto » et à ne pas l’utiliser en cas de violations graves des droits humains. Une position partagée par l’ensemble des pays qui militent pour une refonte de l’ONU et ses institutions. Abordant la question de la Palestine, elle a défendu le rapport de la commission d’enquête qui a conclu qu’un génocide avait lieu – et continue d’avoir lieu – dans la bande de Ghaza, sur la base d’un ensemble de preuves collectées pendant deux ans. Elle a expliqué lors de son passage dans l’émission « Noktat Irtikaz » de AL 24 News, que la conclusion juridique de la commission s’est appuyée sur les discours de haine et le ciblage direct des civils par les dirigeants israéliens, précisant que les autorités israéliennes ont empêché la commission de se rendre dans les territoires palestiniens pour enquêter sur ce qui s’y passait, qualifiant ce comportement d’ « illégal ». Elle fera remarquer que la commission d’enquête s’est appuyée sur son travail sur le témoignage de témoins ayant quitté Israël, dont des médecins venus à Genève pour apporter les preuves d’un génocide perpete contre la population palestinienne notamment les enfants. Mme Pilay a ajouté que les conclusions de la commission d’enquête sont laissées à la Cour internationale de justice qui examine actuellement la plainte déposée par l’Afrique du Sud, soulignant que, « les rapports de la commission ont une autorité et une crédibilité élevées en raison de son expérience passée en tant que juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda ». « Rien n’empêchera la CPI de poursuivre son travail sur le génocide à Ghaza » Mme Pilay a conclu son intervention en déclarant que le fond de la cause palestinienne représentée par l’occupation illégale, rappelant la position du président Nelson Mandela selon laquelle l’Afrique du Sud ne jouira pas pleinement de sa liberté tant que les Palestiniens n’auront pas obtenu leurs libertés. Elle a également cité en exemple la fin du régime de l’apartheid dans son pays grâce à l’ « action collective des gens » qui ont refusé de tolérer le racisme institutionnel, soulignant que ce type de lutte collective est le garant de l’arrachement des droits. Les réponses de Mme Pilay laissent croire que malgré toutes les sanctions décidées par l’administration Trump contre la CPI et les membres de la commission qui a enquêté sur le genocide actuellement en cours à Ghaza, les magistrats de cette institution poursuivent inlassablement leur travail d’investigation pour étayer le dossier de l’accusation qui permettra non seulement de confondre Israël mais aussi de traduire les auteurs de crimes de guerre et contre l’humanité devant la justice internationale. Slimane B.
Source : Le Courrier d’Algérie