LE JOURNAL
Choisissez une date pour retrouver les articles complets publiés ce jour-là.
Chargement des archives…
Les deux chambres du Parlement, le Conseil de la nation et l’Assemblée populaire nationale ( APN ), ont approuvé ce dimanche 25 octobre, la notification du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relative à l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire (ANP) à l’étranger, notamment au Niger.
Réunis en séances plénières à huis clos, les deux chambres du Parlement ont examiné la notification adressée par le chef de l’État le 22 octobre, conformément à l’article 91, alinéa 2, de la Constitution.
Au Conseil de la nation, la séance a été présidée par le président de l’institution, Azouz Nasri. Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, y a présenté, en tant que représentant du président de la République, un exposé consacré à la décision d’envoyer des unités de l’ANP au Niger.
Les présidents des groupes parlementaires et leurs représentants ont ensuite pris la parole. Selon le communiqué du Conseil de la nation, ils ont exprimé leur confiance dans la décision du président de la République et ont mis en avant les raisons ayant conduit à l’activation de l’article 91 de la Constitution.
Les parlementaires ont notamment évoqué « la protection des intérêts énergétiques » ainsi que la mise en œuvre des dispositions de « l’accord bilatéral signé entre les deux pays frères et voisins » .
Le Conseil de la nation a approuvé la notification à l’unanimité. Le vote a recueilli 148 voix favorables sur 148 votants, avec 131 membres présents et 17 procurations. Le communiqué précise que la Constitution exige, pour cette procédure, l’approbation des deux tiers des membres du Conseil de la nation, soit 116 voix.
Approbation à l’APN
La notification a également été examinée par l’Assemblée populaire nationale, lors d’une séance plénière à huis clos présidée par sa présidente, Khalida Boufedache.
Ahmed Attaf a également présenté aux députés un exposé sur le contenu de la notification et les motifs de la décision. Les chefs des groupes parlementaires ont ensuite exprimé leur position sur la mesure.
Le communiqué de l’APN indique que les députés ont approuvé la notification « à la majorité absolue des présents » .
Cette approbation intervient après celle du Conseil de la nation et constitue une étape de la procédure prévue par la Constitution concernant l’envoi de militaires algériens hors du territoire national.
Des intérêts énergétiques en jeu
La décision intervient dans un contexte de coopération accrue entre l’Algérie et le Niger dans les domaines de la sécurité, de la défense et de l’énergie.
L’un des enjeux concerne les activités de Sonatrach au Niger, notamment dans le secteur des hydrocarbures. Le groupe algérien participe à l’exploitation du champ pétrolier de Kafra, dans le nord du pays, en partenariat avec la société nigérienne Sonidep. Les deux pays sont également concernés par des projets énergétiques régionaux, dont le gazoduc transsaharien (TSGP), destiné à relier les ressources gazières du Nigeria au marché européen en passant par le Niger et l’Algérie.
La coopération sécuritaire entre Alger et Niamey s’est par ailleurs renforcée ces derniers mois. Le 9 août dernier, l’Algérie a remis quatre hélicoptères militaires aux forces armées nigériennes. À la fin du même mois, quatre avions de combat Sukhoï Su-30 de l’armée de l’air algérienne ont été envoyés dans le cadre d’une mission de soutien à l’armée nigérienne, à la suite d’une tentative de déstabilisation à Niamey.
Début octobre, le président Tebboune avait rappelé l’importance de ces intérêts communs et la volonté de l’Algérie de les défendre. « Aujourd’hui, nous avons des intérêts, nous avons conclu des accords dans le pétrole, les mines et d’autres domaines. Puis quelqu’un vient tout casser en une seule nuit. Il ne faut tout de même pas sous-estimer les choses à ce point. Nous sommes en mesure de défendre, d’abord nos amis, et puis les intérêts que nous avons en commun » , avait-il déclaré lors d’une rencontre avec des représentants de médias nationaux.
Le 21 octobre, le chef d’état-major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chanegriha, et le ministre d’État nigérien chargé de la Défense nationale, le général Salifou Mody, ont signé à Alger un protocole de coopération militaire.
L’approbation par les deux chambres du Parlement ouvre ainsi la voie à la mise en œuvre de la décision présidentielle concernant l’envoi d’unités de l’ANP au Niger, dans le cadre prévu par la Constitution.
Source : Algérie Eco