LE JOURNAL
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Les prix des fruits et légumes connaissent une nouvelle hausse depuis plusieurs semaines en Algérie. La situation suscite des réactions chez les consommateurs, mais aussi auprès de plusieurs responsables chargés du suivi du marché. Le sujet de la maîtrise des prix revient ainsi au premier plan.
Intervenant lundi sur les ondes de la Radio Algérienne, Kamel Boukheddache, directeur central à la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce intérieur, est revenu sur les mesures prises pour tenter de limiter la hausse des prix et préserver le pouvoir d’achat.
Parmi les pistes annoncées figure l’élaboration d’un projet de loi visant à encadrer les marges bénéficiaires de plusieurs intervenants dans le circuit de commercialisation, notamment pour certains produits de large consommation comme les fruits et légumes.
Un projet de loi pour encadrer les marges
Le responsable explique que le circuit de distribution repose principalement sur trois acteurs : le producteur, le grossiste et le détaillant. Mais il relève aussi la présence de plusieurs intermédiaires entre ces différents maillons. « Les intervenants dans ce processus sont les trois acteurs essentiels, à savoir le producteur, le commerçant de gros et le commerçant de détail », a-t-il expliqué.
Selon lui, la multiplication des intermédiaires peut entraîner une hausse successive des marges et finir par peser sur le prix payé par le consommateur. Le projet de loi actuellement en préparation vise donc à plafonner les marges bénéficiaires des différents intervenants pour certains produits. La démarche est menée avec la participation des professionnels des filières concernées.
L’Etat a déjà appliqué ce type de mécanisme à certains produits. Kamel Boukheddache a notamment rappelé le plafonnement du prix de la pomme de terre à 90 dinars le kilogramme. Le contrôle sur le terrain reste également au centre du dispositif. Le responsable indique que près de 80 % des effectifs ont été mobilisés, soit « plus de 7 000 agents de manière permanente, y compris durant le week-end ».
Une application numérique a aussi été mise à la disposition des consommateurs. La plateforme « Tawasoul – Voix du consommateur » permet de signaler plusieurs dépassements, notamment l’absence d’affichage des prix, le non-respect des prix fixés ou plafonnés et les problèmes liés à l’hygiène.
« Les directions du commerce dans chaque wilaya prennent en charge immédiatement les signalements reçus afin de permettre aux équipes de contrôle d’intervenir rapidement », a précisé le responsable.
Plus de 2,4 millions d’interventions en neuf mois
Les chiffres communiqués par le ministère montrent une hausse de l’activité des équipes de contrôle. Durant les neuf premiers mois de l’année, plus de 2,4 millions d’interventions commerciales ont été enregistrées. Ce nombre représente une progression de 19 % par rapport à la même période de 2025. Les opérations ont également permis de relever plus de 167 000 infractions aux textes législatifs et réglementaires. Ce chiffre est en hausse de 6,3 % sur un an.
Concernant les infractions liées à la spéculation illicite, 17 procès-verbaux ont été établis durant les neuf premiers mois de l’année. Leur nombre a toutefois diminué de 58 % par rapport à la même période de 2025, selon le responsable, qui l’attribue notamment aux « sanctions dissuasives prises ».
La question des prix ne concerne pas uniquement les fruits et légumes . Pour les viandes rouges, un décret exécutif adopté en 2024 encadre déjà les marges aux différentes étapes, de l’importation à la vente au détail. Ce dispositif fait actuellement l’objet d’une révision.
Pour Kamel Boukheddache, la hausse récente des prix alimentaires et agricoles s’explique par plusieurs facteurs. Il cite notamment « les pratiques spéculatives, les fluctuations des prix des intrants et des matières premières au niveau international, ainsi que les coûts du transport maritime ».
Il met aussi en avant « le rôle central des intermédiaires dans les circuits de distribution dans la filière des fruits et légumes et des viandes », estimant que ceux-ci peuvent contribuer à augmenter les marges au détriment du pouvoir d’achat.
Source : Maghreb Émergent