LE JOURNAL
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Les scénarios les plus fous, comme un accès de l’extrême droite au pouvoir qui résulterait d’une incontrôlable – et périlleuse pour la République – insurrection populaire à gauche, ont été relatés dans l’ouvrage « La Nouvelle Armée des ombres », basé sur les notes d’orientation de la DGSE, le service français de renseignement extérieur.
Et si la vague de manifestations récurrentes contre la vie chère qui secouent la France depuis le 17 octobre 2026 (depuis le 17 septembre si l’on commence par le mouvement des lycéens), n’était, finalement, que symptomatique d’une crise multidimensionnelle bien pire en perspective des élections présidentielles du printemps 2027 ? Ce que les trois journalistes d’investigation et spécialistes dans le renseignement, Pierre Gastineau, Antoine Izambard et Franck Renaud en l’occurrence, ont rapporté dans leur livre « La Nouvelle Armée des ombre s », traduit l’état d’esprit des services de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure) qui sont hantés, et seraient même terrorisés, par des scénarios catastrophes périlleux pour la « Cinquième République » et même pour les fondements de l’État français. La presse française s’en est fait l’écho.
Ces auteurs de ce livre ont eu accès à des notes de renseignement d’agents de la DGSE à partir d’échanges entre agents de l’État qui auraient vu venir les manifestations populaires ayant embrasé la France le 17 octobre 2026 et qui ont touché une vingtaine de villes de l’Hexagone. Cité dans l’une de ces notes, un haut fonctionnaire s’est étonné, en avril 2026, que les Français « ne descendent pas massivement dans la rue » pour manifester leur colère contre la hausse des prix des carburants, les déserts médicaux… tandis qu’un autre a prédit « une conjonction explosive » des luttes entre les campagnes et les banlieues.
Le recours aux barbouzeries
Face aux mobilisations massives observées chaque samedi et qui dégénèrent souvent en donnant lieu à des violents affrontements avec les forces de l’ordre, la DGSE, craignant des assauts violents visant des institutions et qui risqueraient de provoquer l’effondrement de ces dernières, n’exclut pas de recourir à de barbouzeries anciennes en s’appuyant sur des réseaux occultes de subversion pour contenir des émeutes, des attaques étrangères et même des putschs… Bien que, faut-il le noter, la DGSE « suggère » le recours à la force militaire pour pouvoir contenir, voire même réprimer, les protestations. En effet, c’est le cas, puisque durant les manifestations d’octobre dernier, des scènes ont montré des individus qui se sont rangés derrière les forces de la police et qui leur prêtaient main forte contre les manifestants.
Le palais de l’Élysée envahi
Abordant les élections présidentielles qui devraient avoir lieu entre fin avril et début mai 2027, le livre a révélé que les services secrets « s’entraînent déjà à parer une éventuelle attaque », notamment russe pendant la campagne. Bien que le scénario parût hollywoodien. Dans ce registre, l’ouvrage raconte ceci : « La DGSE a conçu un exercice top secret autour d’une manipulation caractérisée de l’élection. Les scénarios d’une cyberattaque coordonnée, voire de troubles dans les DOM-TOM afin de dégarnir la police en métropole, sont expertisés. On découvre encore que dans le plus grand secret, un « nouveau bunker en banlieue parisienne » a été récemment construit, au cas où le président de la République devrait quitter le palais de l’Élysée, assiégé ou envahi. Dans cette dernière hypothèse, le désordre pourrait découler d’émeutes à Paris. Une perspective sur laquelle travaillent réellement plusieurs services de l’État. » Plus loin, « un ponte du renseignement français qui se trouvait dans un café du VIIe arrondissement de Paris, et ayant longtemps exercé ses talents dans les forces spéciales », a confié aux journalistes qui ont écrit le livre qu’il a travaillé sur un scénario au sein du COS [NDLR : le commandement des opérations spéciales] : en se posant la question pour savoir « quelle place pour les commandos si un leader âgé d’extrême gauche, perdant une nouvelle fois l’élection présidentielle, appelait à l’insurrection en cas de victoire de l’extrême droite, voire contestait le résultat ? » Partant de ces projections, force est de constater que la DGSE semble ignorer la menace de l’extrême droite pour pointer du doigt « celle » d’une gauche en proie à une campagne de diabolisation en ce qu’elle constitue un contrepoids contre l’oeuvre de la haine des milieux racistes.
Farid Guellil
Source : Le Courrier d’Algérie