LE JOURNAL
Choisissez une date pour retrouver les articles complets publiés ce jour-là.
Chargement des archives…
L’Algérie cherche à qualifier plusieurs cyclistes pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, avec l’ambition de dépasser la présence limitée à un seul représentant que lui garantit actuellement son classement mondial.
Occupant la 41e place du classement UCI par nations avec 920 points, la sélection algérienne se trouve, pour l’instant, dans la fourchette qui lui assurerait une seule place en course en ligne, à condition de conserver ce rang jusqu’au 19 octobre 2027. Un scénario jugé insuffisant au regard du potentiel démontré par les cyclistes algériens lors des dernières compétitions africaines.
Un système de qualification exigeant
Le système de qualification pour Los Angeles 2028 prévoit 180 quotas pour les quatre épreuves de cyclisme sur route, à savoir la course en ligne et le contre-la-montre, chez les hommes comme chez les femmes, soit 90 places par sexe. La course en ligne sera limitée à 88 partants par genre, tandis que le contre-la-montre individuel accueillera au maximum 35 coureurs. L’essentiel des quotas pour la course en ligne sera attribué selon le classement UCI par nations arrêté au 19 octobre 2027, sur la base des résultats obtenus à partir du 20 octobre 2026. Selon ce dispositif, les nations classées de la première à la cinquième place mondiale obtiendront quatre places en course en ligne, celles situées de la sixième à la dixième position en disposeront de trois, tandis que les pays classés de la onzième à la vingtième place auront droit à deux représentants. Les nations classées entre la 21e et la 45e position, dont fait partie l’Algérie, ne se verront attribuer qu’une seule place chacune. Au-delà de la 45e place, les pays devront passer par les places de repêchage offertes via les championnats continentaux et mondiaux.
Deux quotas, un objectif atteignable
Ainsi, si l’Algérie parvient à maintenir sa position actuelle entre la 21e et la 45e place, elle n’alignerait qu’un seul coureur à Los Angeles. Pour espérer deux places, elle devra intégrer le top 20 mondial, tandis que l’obtention de trois quotas exigerait d’atteindre le top 10. Un objectif ambitieux, mais qui reste envisageable si la Fédération parvient à exploiter pleinement le potentiel de ses coureurs. Ce scénario d’un seul quota contraste fortement avec la dynamique récente du cyclisme algérien. Lors des Championnats d’Afrique de cyclisme sur piste 2026, disputés à Abuja, l’Algérie a terminé troisième nation avec 16 médailles, dont 3 en or, 9 en argent et 4 en bronze. Les titres continentaux ont été remportés par Hamza Yacine au scratch, Mohamed Nadjib Assel à l’omnium, ainsi que par l’équipe féminine algérienne en vitesse par équipes. Ces résultats confirment l’existence d’un vivier compétitif, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Plus récemment, Hamza Amari a remporté le Chantal Biya Grand Prix, tandis qu’Anes Riyahi a été distingué meilleur grimpeur et Mohamed Nadjib Assel meilleur sprinteur. Ces performances démontrent que les coureurs algériens sont capables de rivaliser sur des épreuves internationales UCI, à condition de multiplier les participations et d’accumuler des résultats utiles au classement par nations. Pour transformer ce potentiel en plusieurs qualifications olympiques, la Fédération algérienne de cyclisme devra bâtir une stratégie rigoureuse de collecte de points UCI sur les douze mois précédant le 19 octobre 2027. Il sera notamment nécessaire d’aligner régulièrement des coureurs sur les épreuves inscrites au calendrier international, car chaque course permet de cumuler des points individuels et nationaux. La priorité devra également être donnée aux compétitions à fort coefficient, mais aussi les courses par étapes et les championnats, qui offrent davantage de points que les petites compétitions régionales.
La constitution d’une équipe nationale compétitive autour de plusieurs leaders apparaît également indispensable. Un seul coureur performant ne suffira pas pour faire progresser significativement le classement par nations. Il faudra plusieurs athlètes capables de terminer régulièrement dans les places payées et de sécuriser des points collectifs lors des grandes échéances internationales.
Le renforcement de la présence féminine constituera, par ailleurs, un axe majeur de cette stratégie. Le classement par nations étant établi séparément pour les hommes et les femmes, une politique volontariste chez les dames est essentielle si l’Algérie souhaite viser deux quotas, un masculin et un féminin. Les résultats obtenus par les cyclistes algériennes lors des dernières compétitions africaines montrent que cette voie est parfaitement réaliste.
Les repêchages et la préparation
La préparation des championnats africains et mondiaux de 2027 devra également être soignée, car ces compétitions constituent une voie de rattrapage pour les nations qui ne parviendraient pas à se qualifier directement par le classement UCI. Enfin, une préparation professionnelle, incluant un encadrement médical sérieux, une planification rigoureuse de la saison, des stages en altitude, un accès facilité aux courses européennes et un suivi précis des données de performance, sera déterminante pour permettre aux coureurs algériens d’exprimer pleinement leur potentiel.
Si l’Algérie venait à sortir du groupe des nations directement qualifiées, elle pourrait encore chercher une place par les championnats continentaux et mondiaux. Pour l’Afrique, les deux meilleures nations non qualifiées parmi les 43 premières du classement UCI lors des championnats africains élites pourront obtenir un quota supplémentaire. Le contre-la-montre suivra, quant à lui, une logique différente, avec 25 places attribuées aux meilleures nations du classement UCI au 19 octobre 2027, dix autres réservées aux dix meilleures nations des Championnats du monde élites de contre-la-montre 2027, et deux places universelles venant compléter le dispositif pour les courses en ligne. L’enjeu dépasse largement la simple participation aux Jeux olympiques. Qualifier plusieurs cyclistes permettrait à l’Algérie d’aborder Los Angeles 2028 avec une véritable ambition collective, de développer les épreuves de course en ligne et de contre-la-montre.
D’ici octobre 2027, chaque course UCI comptera donc doublement pour le cyclisme algérien. Il ne s’agira pas seulement de gagner, mais aussi de sécuriser un maximum de points collectifs afin de faire progresser le classement national.
K. M.
Source : Planète Sport