LE JOURNAL
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L’accident s’est produit à 08h54 au point kilométrique 118 de la ligne à grande vitesse reliant Madrid à l’Andalousie. À la suite d’une défaillance informatique du système automatique de sécurité et de signalisation LZB, un convoi de l’opérateur privé Iryo reliant Madrid à Séville s’est retrouvé immobilisé sur les voies.
S’exprimant devant la presse, le président de la région Castille-La Manche, Emiliano García-Page, s’est montré particulièrement pessimiste sur l’évolution des recherches menées par les pompiers et l’Unité militaire d’urgence (UME). « Le chiffre est de 68 morts avec une tendance à s’alourdir encore », a déclaré le dirigeant régional, précisant que 34 corps avaient déjà été retirés de la seule rame de la compagnie Iryo.
Une panne informatique majeure suivie d’une défaillance humaine
La panne informatique a soudainement aveuglé le système de bloc automatique qui gère l’espacement de sécurité entre les trains sur cette ligne. Privés de la signalisation en cabine, les instruments de bord du train Iryo se sont mis en sécurité, coupant la traction de la rame et offrant son arrêt complet en pleine voie, au milieu d’une zone géographique difficile d’accès.
Face à ce blocage, le Centre de régulation et de contrôle (CRC) de la haute vitesse, basé à la gare de Madrid-Atocha, a dû basculer en mode de gestion manuelle dégradée. Dans cette configuration d’urgence, la sécurité du réseau ne dépend plus des automatismes du sol, mais de protocoles radio stricts dictés par les aiguilleurs.
C’est lors de cette reprise manuelle du trafic que l’opérateur de signalisation a commis l’erreur d’autoriser un train AVE de la compagnie nationale Renfe à s’engager à son tour sur le même tronçon de voie, omettant de lui communiquer la présence du convoi Iryo stationné en amont.
L’AVE, qui transportait 397 passagers, a percuté l’arrière du train Iryo (146 passagers à bord) à une vitesse d’impact estimée à plus de 100 km/h. Sous la violence du choc, deux voitures de l’Iryo et une de l’AVE ont déraillé avant de basculer en contrebas d’un talus. Au total, 544 passagers voyageaient à bord des deux rames.
Pedro Sánchez sur les lieux
Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a annulé son agenda de la journée pour se rendre directement sur les lieux de l’accident afin de suivre l’avancée des secours et de s’informer des détails sur le terrain. En contact étroit avec le ministre des Transports et le président régional, M. Sánchez a exprimé son soutien et sa solidarité aux victimes et à leurs proches.
Ce drame, qui survient en pleine campagne pour les élections législatives espagnoles du 29 novembre, a poussé l’ensemble des formations politiques à suspendre leurs activités officielles.
Un dispositif d’urgence reste déployé au gymnase municipal d’Urda pour accueillir et identifier les rescapés, tandis qu’une morgue provisoire a été installée à l’Institut de médecine légale de Tolède avec l’appui de l’Unité militaire d’urgence (UME). La circulation ferroviaire à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie reste totalement interrompue jusqu’à nouvel ordre.
Source : Maghreb Émergent