LE JOURNAL
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En présence du bureau d’études et des entreprises de réalisation, la ministre a parcouru les espaces et les ailes de l’établissement. Le ministère fait état d’un « progrès notable » du taux d’avancement, qui a permis de lancer l’équipement et l’ameublement complets de certaines ailes, en particulier les 137 chambres.
Houria Meddahi a insisté sur le respect des délais contractuels. Elle a demandé d’accélérer le rythme du chantier avec un système de travail en rotation (3×8), un suivi quotidien et le respect de normes élevées de qualité, d’esthétique et d’hôtellerie.
Un monument né en 1930
L’hôtel, propriété du groupe public Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme, séduit par sa valeur architecturale, son emplacement stratégique et sa vue directe sur le front de mer. Le ministère espère qu’il retrouvera sa place parmi les destinations haut de gamme, avec un classement « Palace ».
Cet établissement a ouvert en 1930 sous le nom d’Aletti. Il s’agit d’un hôtel prestigieux du boulevard du front de mer, face à la baie d’Alger. Dans l’Alger coloniale, il comptait parmi les adresses chics de la ville, et Joséphine Baker, Jean Gabin et Jean-Pierre Aumont y auraient séjourné.
Après l’indépendance, l’Aletti change de destin. Selon des témoignages rapportés par un site spécialisé, Ben Bella a nationalisé l’Aletti et l’hôtel Albert Premier, et l’établissement a été confié à un comité de gestion de quatre employés. Il devient alors Es-Safir, « l’Ambassadeur » en arabe. Dans les années 1960, il servait de quartier général aux journalistes venus couvrir la situation algérienne.
Fermé depuis 2016
Avant sa fermeture pour rénovation en 2016, Es-Safir était un quatre-étoiles très apprécié, grâce à sa position entre la Casbah et Alger-Centre. Il fait partie d’une série d’hôtels historiques de la capitale qui ont fermé ces dernières années. Les raisons évoquées vont de la rénovation aux mesures de sécurité et au manque de rentabilité.
Le chantier s’est révélé complexe. Il a nécessité un renforcement de la structure et une consolidation des fondations du bâtiment. Les autorités ont aussi prévu un parking souterrain de trois niveaux, d’une capacité d’environ 130 véhicules. Lors d’une précédente visite, Houria Meddahi avait demandé de restituer le cachet authentique de l’hôtel, en parlant de restauration et non de reconstruction d’une façade différente.
Ce chantier s’inscrit dans la modernisation du parc hôtelier public, qui touche aussi d’autres établissements historiques. Le Grand Hôtel d’Oran a rouvert en mai 2025 après sa restauration. L’hôtel Cirta de Constantine a été remis en service fin décembre 2025. Aucune date de réouverture n’a été annoncée pour Es-Safir.
Source : Maghreb Émergent