LE JOURNAL
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Le gouvernement français s'est clairement dérobé à l'obligation de fournir des garanties spécifiques aux étudiants algériens concernant la facilitation des procédures de résidence et de poursuite d'études en France, se contentant de confirmer des mesures générales pour améliorer l'accueil des étudiants étrangers et simplifier leurs parcours administratifs, sans annoncer de mesures particulières pour traiter les difficultés sérieuses soulevées par un député français concernant le renouvellement des autorisations de séjour pour les étudiants algériens et les pressions exercées sur eux en raison de l'accord de migration entre les deux pays.
Cette position qualifiée de "lâche" est issue d'une réponse du ministre délégué auprès de la ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à une question parlementaire datée du 20 octobre courant, qui lui avait été posée par le député Emmanuel Dubly, concernant les pressions exercées sur les étudiants algériens en France.
Il est indiqué dans la réponse officielle du gouvernement français que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche accorde une attention entière aux questions de mobilité étudiante internationale et aux conditions d'accueil des étudiants étrangers en France, considérant qu'il s'agit d'un élément essentiel de l'attractivité de l'enseignement supérieur français et de son rayonnement.
Au lieu de fournir des réponses claires aux demandes du député, le gouvernement français a présenté un récit contenant des généralités connues du public et du privé, en rappelant que la situation des étudiants algériens s'inscrit dans un cadre juridique spécifique, basé notamment sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui régit les conditions de déplacement, de travail et de résidence des citoyens algériens en France. Elle a souligné que l'évolution de cet accord a fait l'objet de discussions et de travaux parlementaires depuis plusieurs années, notamment dans le cadre d'un rapport d'information de la commission des lois du Sénat français déposé le 5 février 2025, qui a examiné les accords internationaux conclus par la France dans le domaine de la migration.
Bien que le gouvernement français ait reconnu l'attractivité de ses universités pour les étudiants algériens, en s'appuyant sur une augmentation de leur nombre de 18 % en cinq ans et de 1 % entre 2024 et 2025, elle n'a toutefois pas fourni de garanties claires concernant les pressions et les difficultés soulevées par le député, notamment en ce qui concerne la complexité des procédures administratives et les refus de renouvellement des permis de séjour, qui ont été évoqués par le député auteur de la question parlementaire, et les risques qui en découlent pour la poursuite d'études en France de certains étudiants.
Le ministère français s'est quant à lui contenté de parler de mesures générales pour améliorer l'accueil des étudiants étrangers, en faisant référence à la stratégie « Bienvenue en France », lancée en 2018, visant à améliorer les conditions d'accueil des étudiants internationaux, quelle que soit leur nationalité.
La réponse a également abordé des questions générales sans entrer dans les problèmes auxquels sont confrontés les étudiants algériens lorsqu'elle a évoqué le lancement de la stratégie « Choisissez la France pour l'enseignement supérieur » en avril 2026, visant à renforcer la clarté des procédures et à améliorer l'accueil des étudiants étrangers, en précisant que la stratégie inclut la simplification des procédures liées à l'octroi de visas et de permis de séjour, l'amélioration du traitement des demandes d'octroi et de renouvellement de ces permis, et la poursuite de l'adoption de critères d'évaluation de la qualité de l'accueil des étudiants internationaux au sein des établissements universitaires français.
Le gouvernement de Paris a affirmé que son objectif est de garantir un parcours administratif plus clair et plus fluide pour les étudiants internationaux, y compris les Algériens, tout en maintenant un cadre organisé et contrôlé pour la mobilité étudiante internationale.
Le député français Emmanuel Duplex, représentant la deuxième circonscription du département du Loiret et membre du groupe "Les Verts sociaux", a posé une question au gouvernement français en juin dernier concernant les pressions auxquelles sont soumis les étudiants algériens en France, qui, selon lui, affectent négativement leur réussite scolaire. Il a demandé des éclaircissements sur les mesures que le gouvernement envisage de prendre pour faciliter leurs démarches administratives, garantir le suivi de leurs études dans des conditions appropriées et préserver l'attractivité des universités françaises pour les étudiants internationaux.
Le député s'est appuyé sur des données du rapport "Campus France" sur la mobilité étudiante, qui font état de plus de 34 mille étudiants algériens en France, représentant environ 8 pour cent de l'ensemble des étudiants internationaux inscrits sur le territoire français. Il a souligné que l'exacerbation des désaccords entre la France et l'Algérie et l'annonce par le gouvernement français de son intention de revoir l'accord 1968, outre sa dénonciation de l'accord signé en 1980 qui permet aux Algériens de bénéficier d'un traitement financé par la sécurité sociale, ont créé un climat d'incertitude et des risques concrets pour les étudiants algériens.
Le député a ajouté que ces développements ont rendu les procédures administratives plus complexes, affectant ainsi la réussite des étudiants dans leurs études et leur santé mentale, outre les impacts sur l'attractivité des universités françaises.
Comme l'a également indiqué le député dans la même question, des syndicats étudiants de l'université d'Orléans au sud de Paris ont informé qu'ils avaient été informés du refus de renouveler les permis de séjour de certains étudiants algériens, ce qui les a empêchés de poursuivre leurs études.
Source : Echorouk