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Elle a dû probablement composer avec les préjugés liés à ses origines, les discriminations liées au genre, mais aussi les aléas de la vie avant de s’imposer dans le microcosme bancaire allemand .
Classée parmi les femmes les plus influentes du monde des affaires en Allemagne et figurant parmi les 50 personnalités les plus puissantes du pays, Souad Benkredda, née de parents algériens, incarne une trajectoire de réussite qui confine à l’admiration.
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Un destin hors normes pour cette fille d’immigrés , porteuse d’une double culture et qui a su se frayer un chemin dans un univers professionnel encore largement dominé par les hommes. C’est à Francfort, en Allemagne, où ses parents algériens se sont établis peu après l’indépendance, qu’elle voit le jour.
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Souad Benkredda, la femme aux deux cœurs
Alors que son père, « qui avait combattu contre la France », travaille dans une imprimerie, sa mère est femme de ménage dans une banque. Et comme de nombreuses familles algériennes installées en Europe, ses parents veillent à transmettre à leur progéniture les valeurs et la culture de leur pays d’origine.
À la maison, la langue arabe occupe ainsi une place importante. Et c’est à l’école que Souad Benkredda apprend l’allemand. « J’ai grandi dans la langue arabe, mes parents me parlaient souvent en arabe, j’ai appris l’allemand à l’école », dit-elle dans un reportage qui lui est consacré par la chaîne publique allemande DW.
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Cette double appartenance constitue aujourd’hui une part essentielle de son identité qu’elle assume pleinement. « J’ai deux cœurs, le premier est évidemment algérien et le second bat pour l’Allemagne », confie-t-elle.
Une manière d’assumer ses origines tout en revendiquant son ancrage dans le pays où elle est née et a construit sa carrière. Après des études en management et en gestion des entreprises, elle se tourne vers la finance et la banque « presque par hasard », avoue-t-elle.
En 2001, elle entame sa carrière à la Deutsche Bank. Pendant seize ans, elle y occupe différentes fonctions à Francfort, Dubaï et Londres, acquérant une expérience internationale qui lui ouvre les portes de postes à responsabilités.
Elle rejoint ensuite Standard Chartered Bank, avant d’intégrer, en septembre 2022, le directoire de DZ Bank, l’un des principaux établissements bancaires allemands et le deuxième du pays par sa taille. Elle devient alors la première femme à siéger au sein de cette instance dirigeante. En juillet 2026, elle accède au poste de vice-présidente du directoire.
« Ah, dommage, car on te considérait comme un grand talent »
Cette ascension n’a pourtant pas été exempte d’obstacles. Elle raconte d’ailleurs un épisode qui l’a particulièrement marquée. Ainsi, au cours d’une réunion réunissant plusieurs responsables de la banque, le dirigeant de l’établissement lui propose un verre de vin. Elle décline l’offre en précisant qu’elle est musulmane.
Mais la réponse de son interlocuteur la heurte : « Ah, dommage, car on te considérait comme un grand talent. » Cette remarque, aux relents discriminatoires, dont elle ne précise ni la date ni l’identité de son auteur, suscite chez elle colère et incompréhension.
« J’étais en colère. Je me demandais : pourquoi le fait d’être musulmane devrait-il me rendre différente ? Pourquoi ne pourrais-je pas faire mon propre parcours professionnel ? », raconte-t-elle.
Loin de la décourager, cet épisode semble toutefois avoir renforcé sa détermination à tracer sa propre voie, sans renoncer à ses convictions.
Une trajectoire qui va finir par la mener aux plus hauts niveaux de la finance allemande. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle plaide en faveur des quotas féminins. Pour elle, la réponse aux inégalités professionnelles réside plutôt dans l’égalité des chances et la lutte contre toutes les formes de discrimination.
« De mon point de vue, l’État, le gouvernement et les entreprises doivent miser sur l’égalité des chances, sans discrimination ni racisme. Lorsque tout le monde bénéficie des mêmes opportunités, chacun peut réussir », estime-t-elle.
Et malgré ses responsabilités et un emploi du temps particulièrement chargé, Souad Benkredda ne perd pas de vue l’essentiel : elle affirme que la maternité demeure au centre de ses priorités.
La réussite professionnelle ne saurait, à ses yeux, se faire au détriment de la vie familiale. Visiblement très imprégnée des valeurs de ses parents, elle tient à préparer elle-même les repas de ses filles et à leur faire découvrir les saveurs de la cuisine algérienne.
« Je me sens Souad Benkredda »
« Ma première priorité, et la seule, ce sont mes filles. Je leur prépare à manger, je leur pétris le pain. On ne commande pas de repas tout prêts : je veux qu’elles mangent ma cuisine algérienne et ce que je prépare moi-même, notamment le pain traditionnel, le matloua. C’est très important pour moi », confie-t-elle.
Alors que l’Allemagne est régulièrement traversée par des débats et des polémiques sur l’identité, l’immigration et les appartenances culturelles, Souad Benkredda aborde ces questions avec une forme de sérénité. Elle ne semble pas éprouver le besoin de choisir entre ses origines algériennes et son appartenance à la société allemande.
« Je n’ai pas de problème. Les gens disent : “Oh, le problème de l’identité !” Moi, je ne me sens pas avec une âme allemande parmi les Allemands, ni avec une âme algérienne parmi les Algériens. Je me sens Souad Benkredda. Dieu merci, je suis musulmane, arabe et algérienne. Il n’y a pas de problème », explique-t-elle.
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Source : TSA Algérie