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Avec 200 entreprises de sous-traitance recensées à l'échelle nationale
L’Algérie trace la voie vers une industrie automobile intégré
L'Algérie dans le droit chemin pour une industrie automobile intégrée. En effet elle compte aujourd'hui 200 entreprises de production de pièces de rechange, d'accessoires de véhicules, d'huiles et autres composants. Une base industrielle qui permet d'envisager concrètement l'objectif fixé par le président Abdelmadjid Tebboune pour produire une voiture algérienne avec des composants algériens avant fin 2028.
Pour concrétiser cette ambition, le ministère de l’industrie élabore actuellement une base de données exhaustive regroupant l'ensemble des entreprises de sous-traitance, avec toutes les informations techniques nécessaires qui seront mises à la disposition des usines de véhicules comme Stellantis et Fiat. C'est l'annonce forte faite par le ministre de l'Industrie, le Professeur Farid Kourtel, lors d'une visite de travail et d'inspection dans la wilaya d'Oum El Bouaghi, où il a unauguré plusieurs unités de production des pièces automobiles et huiles. Le ministre a insisté sur un point essentiel, une production conforme aux normes de qualité requises, seule condition pour garantir la compétitivité et l'exportation.
Accompagné du wali Benabdallah Chaib Eddour, le ministre a inauguré lors de cette visites dans la wilaya d'Oum El Bouaghi l’entreprises ANC IK OIL, une unité industrielle spécialisée dans la fabrication d'huiles moteur et de lubrifiants.
Réalisée au moyen d’un investissement de 1,2 milliard de dinars, cette usine, qui dispose d’une capacité de production de 25.000 tonnes par an extensible, a généré 207 emplois directs et plus de 400 emplois indirect.
Le ministre de l'Industrie a souligné, en marge de l'inauguration de ces deux unités industrielles, ainsi que lors de la visite d'une unité de production de pièces et d’accessoires automobiles en plastique et en caoutchouc, et d'une unité de production de plaquettes de frein, que le but de sa visite consiste à "évaluer la situation des opérateurs économiques afin de les accompagner et de les soutenir, d’autant qu’ils contribuent à la base industrielle du pays et participent à l’augmentation du taux d'intégration".
Saluant les efforts des industriels, ils les a appelés à " accroître les capacités d'investissement de leurs entreprises, à s'appuyer sur les matières premières locales, garantir la qualité des produits fabriqués et en étudiant leurs prix ".
Un accord majeur avec Stellantis
La cérémonie a en effet été marquée par la signature d'une convention de coopération industrielle entre IK OIL et le groupe Stellantis, pour la fabrication de lubrifiants sous la marque EUROREPAR. Selon les explications, ce partenariat s'inscrit dans la vision d'IK OIL visant à consolider sa position en tant qu'entreprise industrielle algérienne capable de développer des relations de coopération avec des opérateurs internationaux, ce qui soutient l'échange d'expertises industrielles, renforce la compétitivité des produits fabriqués localement et ouvre de nouvelles perspectives de développement de l'activité de l'entreprise sur le marché des huiles moteur et des lubrifiants.
Une unité intégrée de la production à l'emballage
Outre son activité principale, la nouvelle unité industrielle se distingue par ses installations de fabrication d'emballages plastiques et de fûts métalliques, ce qui renforce l'intégration entre les opérations de production et d'emballage et permet d'améliorer le contrôle des différentes étapes de fabrication et de la chaîne d'approvisionnement.
Cette intégration contribue également à soutenir l'activité industrielle locale liée aux intrants de production et d'emballage et réduit la dépendance à l'importation.
Vers une marque algérienne compétitive et exportable
L'entreprise IK OIL, a affirmé accorder une importance particulière au développement de ses capacités de production et commerciales notamment pour la marque EUROREPAR avec le partenaire Stellantis où bien sa marque d’huile ATACOR, en élargissant son réseau de distribution, en établissant de nouveaux partenariats industriels et commerciaux et en explorant les opportunités d'exportation vers les marchés étrangers, dans le but de construire une marque industrielle algérienne capable de concurrencer et de croître durablement.
Le directeur de l’entreprise, Issam Dilmi, a affirmé que cet investissement ne représente pas seulement un ajout aux capacités de production nationale, mais constitue une étape dans la construction d'un système industriel intégré dans le domaine des huiles moteur et des lubrifiants, le développement de la production locale, le renforcement des partenariats industriels, la création de valeur ajoutée et la contribution à la satisfaction des besoins de l'économie nationale.
Pour le directeur marketing Tarek Nasseri, cette étape reflète l'engagement de l'entreprise à développer l'industrie nationale et à contribuer à la création de richesse et d'emplois, conformément à la politique de l'État visant à encourager l'investissement productif. L'objectif est de construire une marque industrielle algérienne compétitive, capable de couvrir le marché national et de s'orienter vers l'export.
PIONEER FILTR : 3 000 filtres par jour aux normes internationales
Dans la même zone industrielle, le ministre a inauguré l'unité de fabrication de filtres de la SARL PIONEER FILTR, spécialisée dans les filtres pour véhicules légers, poids lourds et engins industriels.
Fruit d'un investissement de 1,195 milliard de dinars, l'usine affiche une capacité de 3 000 unités par jour, couvrant les filtres à air, à huile, à carburant, hydrauliques, à eau, ainsi que les séparateurs air-huile. Elle emploie 37 personnes et accueille 10 étudiants universitaires en stages pratiques.
Surtout, l'entreprise est certifiée ISO 9001:2015 et IATF 16949:2016, la norme qualité automobile la plus exigeante au monde. Une certification indispensable pour intégrer les réseaux des grands constructeurs. Le ministre a salué cet investissement qui développe la sous-traitance et a appelé à augmenter les capacités et à viser les marchés extérieurs, tout en profitant des facilitations du guichet unique.
ABS AUTO PARTS et FORCE PLASTIQUE : couvrir 60% à 76% des besoins nationaux
La tournée s'est poursuivie avec l'inspection de l'unité ABS AUTO PARTS, spécialisée dans la production de plaquettes et garnitures de frein. Avec un investissement de 100 millions de dinars, l'usine produit 720 000 kits par an et couvre déjà 60% des besoins du marché national. Elle emploie 22 personnes avec une prévision de 70 emplois d'ici janvier 2027. Le ministre a insisté sur la nécessité d'améliorer la qualité et la compétitivité pour remplacer définitivement l'importation.
Autre fleuron visité, l'unité FORCE PLASTIQUE, référence dans le recyclage et la fabrication de produits en plastique et caoutchouc par injection et soufflage. Le projet, d'une valeur de 560 millions de dinars, s'étend sur 5 006 m² et emploie 82 ouvriers depuis 2016. Sa capacité est de 272 000 kits par mois, soit 3,264 millions de kits par an, couvrant 76% des besoins nationaux avec un taux d'intégration locale entre 80% et 100%.
L'usine fabrique des bacs et couvercles de batteries, des réservoirs d'eau pour voitures, des accessoires plastiques, des joints d'étanchéité et des soufflets. Elle dispose de 13 machines d'injection de 180 à 880 tonnes, de deux machines de soufflage et d'un laboratoire de contrôle qualité complet. Le ministre a appelé à s'appuyer davantage sur les matières premières locales et à garantir des prix compétitifs.
La production locale des pièces automobiles mettra fin aux pénuries sur le marché local
L'inauguration de ces unités de production à Aïn M'lila, de l'usine d'huiles IK OIL à l'unité de filtres PIONEER FILTR, en passant par ABS AUTO PARTS et FORCE PLASTIQUE, dépasse le cadre d'investissements privés isolés. Elle constitue une véritable rupture pour l'industrie automobile algérienne.
Leur première valeur ajoutée est économique et directe. En produisant localement des lubrifiants, des filtres, des plaquettes de frein et des pièces plastiques et caoutchouc, ces usines couvrent entre 60% et 76% des besoins du marché national. Elles permettent de réduire drastiquement la facture d'importation, d'économiser des devises et de sécuriser l'approvisionnement du marché. Pour le consommateur, cela se traduit par une meilleure disponibilité des pièces de rechange, à des prix étudiés et sans les ruptures chroniques qui ont longtemps pénalisé les automobilistes.
La deuxième valeur ajoutée est stratégique, l'augmentation du taux d'intégration. Chaque filtre ou bidon d'huile fabriqué à Oum El Bouaghi est un point de pourcentage gagné pour l'industrie automobile nationale. C'est ce qui permet aux usines Fiat à Oran et Stellantis de se rapprocher de l'objectif fixé par le président Tebboune, produire une voiture avec une majorité de composants algériens avant 2028. Le partenariat IK OIL - EUROREPAR en est la preuve parfaite : le local s'allie au standard international.
L'avenir de cette filière est prometteur. Avec 200 entreprises de sous-traitance recensées et une base de données nationale en cours d'élaboration, l'Algérie construit un écosystème complet. Ces usines ne sont plus de simples sous-traitants, elles deviennent des équipementiers certifiés IATF, capables d'exporter. La disponibilité des pièces sur le marché local n'est que la première étape. La prochaine sera la compétitivité à l'export et la création d'une marque "Made in Algeria" automobile, créatrice de valeur, d'emplois qualifiés et de souveraineté industrielle.
Hamza B
Source : Le Maghreb