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Lutte contre l’informel, fiscalité et pouvoir d’achat Les priorités du projet de loi de finances 2027
Le projet de loi de finances (PLF) 2027 ambitionne de renforcer les ressources financières de l’État, d’intégrer les fonds issus du marché informel dans le circuit économique officiel et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens face aux pressions inflationnistes mondiales.
C’est ce qu’a affirmé, jeudi dernier, à Alger, le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, lors de la présentation des réponses aux préoccupations des députés de l’Assemblée populaire nationale (APN). Intervenant au cours d’une séance présidée par la présidente de l’APN, Khalida Boufedeche, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, et de plusieurs membres du Gouvernement, le ministre a souligné que le texte traduit la dimension sociale de l’État et sa volonté de protéger les catégories à faible revenu, tout en améliorant la gestion des dépenses publiques et en accélérant la transition vers une économie productive. Dans cette perspective, le PLF 2027 prévoit plusieurs dispositifs destinés à encourager l’investissement productif et à soutenir les activités économiques hors hydrocarbures, notamment les start-up. L’objectif est d’élargir l’assiette économique et fiscale et d’accroître les recettes publiques sans recourir à une augmentation des taux d’imposition. Le membre du Gouvernement a également insisté sur le renforcement des capacités de l’administration fiscale, l'amélioration du recouvrement, la lutte contre l’évasion fiscale et le durcissement des mécanismes de contrôle afin de favoriser une meilleure conformité des contribuables à leurs obligations. Le soutien à la croissance constitue également un axe majeur du projet de loi. À ce titre, Mohamed Lamine Lebbou a mis en avant la volonté des pouvoirs publics d’accélérer la concrétisation des grands projets économiques susceptibles de générer une forte valeur ajoutée, particulièrement dans les secteurs des mines, des transports, de l’industrie, de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Sur le volet social, le ministre a réaffirmé l’engagement de l’État à préserver la stabilité des prix et à garantir la disponibilité des produits de première nécessité. Cette démarche repose notamment sur la poursuite du soutien aux produits et services essentiels, la réhabilitation des marchés de gros, le renforcement du contrôle commercial et la constitution de stocks stratégiques. Le recours aux outils numériques et aux systèmes d’alerte précoce figure également parmi les mesures envisagées pour mieux surveiller les marchés et prévenir les pratiques spéculatives et monopolistiques. Abordant la question de la réforme des mécanismes de subvention, le ministre a précisé que la mise en place d'un système de soutien ciblé demeure conditionnée par l'achèvement du processus de numérisation. Celui-ci doit permettre d'assurer une distribution plus équitable des aides et de mieux identifier les bénéficiaires. Répondant aux interrogations des députés sur les équilibres financiers du pays, M. Lebbou a assuré que le niveau de la dette publique algérienne reste inférieur au seuil de référence retenu pour les marchés émergents. Il a également rappelé que les déficits budgétaires constituent une réalité partagée par de nombreux pays. Le ministre a toutefois souligné la nécessité d'apprécier l'évolution de l'endettement au regard de celle du produit intérieur brut (PIB). Il a notamment relevé que 99 % de la dette publique algérienne est d'origine intérieure, une caractéristique qui, selon lui, offre au pays une marge d'autonomie importante dans la conduite de ses choix économiques. Pour faire face au déficit budgétaire, le Gouvernement privilégie une approche reposant sur la mobilisation des ressources financières nationales, le recours à l'endettement intérieur et au Fonds de régulation des recettes (FRR), tout en maintenant son choix de renoncer au financement extérieur. Cette stratégie prévoit également une rationalisation des dépenses publiques, l'élargissement de l'assiette fiscale, la lutte contre l'évasion fiscale et une meilleure hiérarchisation des investissements et des dépenses de l'État. Le ministre a, par ailleurs, évoqué la diversification des instruments de financement, notamment à travers le recours aux chèques souverains, ainsi que la valorisation du patrimoine national et le renforcement du contrôle de l'exécution budgétaire. Parmi les mesures fiscales évoquées figure l'actualisation du taux de la taxe sur la publicité foncière, qui passe de 1 % à 2,5 %. Pour justifier cette révision, M. Lebbou a fait état de l'importance du volume des opérations traitées annuellement par les services concernés de son département, qui dépasse les 800 000 opérations de publicité foncière. Concernant enfin les onze nouvelles wilayas, le ministre a annoncé qu'elles ont bénéficié d'une enveloppe financière globale de 152 milliards de dinars en autorisations d'engagement et de 132 milliards de dinars en crédits de paiement. Ces ressources sont destinées à financer la réalisation d'infrastructures et d'équipements publics essentiels, afin de renforcer les capacités de ces nouvelles collectivités territoriales.
Mohand S
Source : Ouest Tribune