LE JOURNAL
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C’est un séminaire (dont nous verrons plus loin les détails) qui a toute sa place dans un contexte de guerre qui ne dit pas son nom dans la région du Sahel. Une région qui borde nos frontières Sud avec trois pays (Niger, Mali et Mauritanie) sur une longueur totale de près de 3000 km. Ce qui n’est pas rien. L’Algérie ne peut plus se cantonner au rôle d’avant la constitution de 2020. Aujourd’hui l’Algérie, tout en s’interdisant « de recourir à la guerre pour porter atteinte à la souveraineté et à la liberté des autres peuples, peut, dans le cadre du respect des principes et objectifs des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la Ligue des États Arabes, participer au maintien de la paix » (article 31 et suivants de la constitution). Cependant, cette même constitution dans son article 91alinéa 2 stipule que le président de la république « décide de l’envoi des unités de l’Armée Nationale Populaire à l’étranger après approbation à la majorité des deux tiers (2/3) de chaque chambre du Parlement ». En d’autres termes, l’Algérie s’engage à n’agresser personne mais ne restera pas les bras croisés si à ses portes il y a le « feu ». Plus en détails, depuis la dernière agression armée dont a été victime le Niger le 29 août dernier, l’Algérie lui est venue en aide. Par la suite, les deux pays ont signé un accord militaire de défense. Car et comme l’a souvent répété le président Tebboune « ce qui touche nos voisins, nous touche directement ». De plus, l’Algérie vient d’investir au Niger. Donc des intérêts supplémentaires à défendre. Parallèlement au dispositif militaire classique, il y a en effet cette guerre hybride à laquelle nous faisons face depuis un certain temps. Ce qui nous ramène au séminaire que nos évoquions au début du texte. En effet, hier s’est ouvert un séminaire national organisé par le ministère de la défense nationale, sous le thème « Les médias nationaux et les guerres hybrides… Affronter les défis et remporter le pari ». Le ministre délégué auprès du ministre de la défense nationale, Chef d’Etat-major de l’armée nationale populaire (ANP), le Général d’Armée Saïd Chanegriha qui a présidé l’ouverture des travaux a été clair. Après avoir rappelé que « la guerre hybride, avec ses différentes dimensions et ses outils, constitue une source de menaces croissantes » pour notre pays. Il a indiqué que face à toutes les tentatives des auteurs de cette guerre hybride contre l’Algérie « les responsables des médias (doivent) faire preuve davantage de vigilance et œuvrer à renforcer la stratégie médiatique nationale, à travers, notamment, la mise en place de mécanismes opérationnels capables de déconstruire la désinformation tendancieuse, et d’élaborer un récit national solide et objectif ». Le message est clair : lorsque le pays est menacé, la corporation des journalistes se mobilise, derrière son armée, avec les armes qui lui sont propres, pour « neutraliser » les « scuds 2.0 » tirés par nos ennemis. Il nous faut riposter avec les mêmes armes que ceux des attaquants. Message reçu 5/5 !
Zouhir Mebarki
Source : Le Courrier d’Algérie