LE JOURNAL
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Le marché des bovins en Algérie est de nouveau entouré d’incertitudes. Depuis plusieurs jours, des rumeurs circulent parmi les éleveurs sur une possible fermeture de certains marchés à bestiaux, alors que les professionnels font déjà face aux conséquences d’une maladie qui a provoqué d’importantes pertes dans plusieurs élevages. Dans les marchés, les discussions portent aussi sur les prix et la disponibilité des bovins, et les éleveurs suivent avec attention les décisions des services vétérinaires, notamment sur les mouvements et les importations de bétail.
Un éleveur évoque ces rumeurs dans sa région. « Depuis des semaines, ça parle dans les marchés à bestiaux de Bouira ou de Béghlia sur la possibilité de fermeture des marchés à la suite de la propagation de la maladie. Mais pour l’instant, rien n’est officiel et on espère que cela ne se fera pas », explique-t-il. Selon lui, une fermeture compliquerait encore la situation des professionnels. « Ce sera une catastrophe pour les éleveurs. D’un côté, ils doivent faire face à cette maladie et, de l’autre, ils ne pourront plus vendre leurs bêtes. Avec le prix élevé du foin et des aliments, ce ne sera pas possible », poursuit-il.
Les importations suspendues « jusqu’à nouvel ordre »
Une décision officielle est toutefois venue s’ajouter à ce climat. Dans une note datée du 22 octobre 2026 et adressée aux opérateurs économiques importateurs de bovins sur pieds, la Direction générale des services vétérinaires, relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural et de la Pêche, indique que « pour des raisons sanitaires, les importations sont suspendues jusqu’à nouvel ordre ». La note précise que « l’ensemble des dérogations sanitaires d’importation octroyées en cours de validité sont annulées ».
La mesure concerne les bovins importés vivants depuis l’étranger. Aucun délai n’est indiqué dans le document, et rien ne dit si la suspension sera levée dans quelques jours, dans plusieurs semaines ou maintenue plus longtemps. Elle vise les seuls opérateurs qui importent des bovins sur pieds et ne constitue pas, à elle seule, une annonce de fermeture des marchés à bestiaux, une distinction qui compte alors que des informations non officielles circulent dans plusieurs régions. Les marchés à bestiaux avaient déjà été fermés à l’échelle nationale en 2014 , lors de l’épidémie de fièvre aphteuse, avant que leur réouverture ne soit annoncée début septembre.
Une pression attendue sur les bovins de bonne race
Si les importations restent interrompues, certains éleveurs anticipent une pression supplémentaire sur les prix, notamment pour les animaux de bonne qualité. L’un d’eux dit avoir acheté récemment plusieurs bêtes à des prix déjà élevés. « J’ai acheté 10 vaches au mois de mai dernier pour 950 000 dinars l’unité, de bonne race. Il faut savoir qu’il y a même des vaches qui se vendent actuellement à un million de dinars. Avec cette mesure, une bonne race risque de ne pas être trouvable sur le marché », affirme-t-il. L’éleveur à l’origine des propos sur les marchés de Bouira et de Béghlia estime pour sa part que « sûrement que le marché sera perturbé ».
Pour l’heure, la seule mesure officiellement annoncée est la suspension des importations de bovins sur pieds. L’évolution de la situation sanitaire déterminera les prochaines décisions concernant les importations et, éventuellement, les marchés à bestiaux.
Source : Maghreb Émergent