LE JOURNAL
Choisissez une date pour retrouver les articles complets publiés ce jour-là.
Chargement des archives…
Les députés de l’Assemblée populaire nationale ont entamé, hier, l’examen du projet de loi de finances pour 2027, lors d’une séance plénière présidée par Khalida Boufedeche, présidente de l’Assemblée.
Par Fatima Arab
Les interventions des parlementaires ont été axées sur plusieurs préoccupations économiques et sociales, avec un accent particulier sur la nécessité de traduire les orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en résultats concrets, susceptibles d’améliorer les conditions de vie des citoyens. Les débats ont notamment porté sur la recherche d’un équilibre entre les impératifs de développement économique, l’efficacité des politiques publiques et la préservation du pouvoir d’achat et le maintien du caractère social de l’Etat. Dans ce cadre, les membres de la chambre basse du Parlement ont insisté sur la poursuite de la réalisation des grands projets structurants et stratégiques, considérés comme un levier essentiel pour soutenir le développement national, renforcer les infrastructures et améliorer l’attractivité de l’économie. Ils ont également salué «la continuité des projets en cours». Le soutien aux secteurs agricole et touristique a également figuré parmi les principaux thèmes abordés. Les parlementaires, dont Wahida Sadi du Front de libération nationale (FLN), ont souligné le rôle de ces deux secteurs dans la diversification de l’économie nationale, la création de richesses et d’emplois, ainsi que dans le renforcement de la sécurité alimentaire et la valorisation des potentialités naturelles, culturelles et touristiques du pays. Cette députée a appelé à «accélérer leur rythme de réalisation afin de permettre l’atteinte des objectifs économiques et de développement qui leur sont assignés». Les intervenants ont, par ailleurs, plaidé pour une nouvelle impulsion en faveur de l’investissement productif et créateur de richesses, tout en mettant l’accent sur l’accompagnement des start-up. Ils ont appelé au renforcement des mécanismes de soutien, de financement et d’encadrement de ces entreprises afin de leur permettre de surmonter les difficultés rencontrées, de promouvoir l’innovation et de transformer les projets innovants en activités économiques productives et durables.
Maintien du caractère social de l’État Sur le volet social, les députés ont mis en avant la nécessité d’améliorer les mécanismes de soutien social et de garantir que les aides publiques parviennent effectivement à leurs bénéficiaires. Ils ont ainsi préconisé des approches plus efficaces pour identifier les catégories concernées et améliorer le ciblage des transferts sociaux, tout en préservant le caractère social de l’État.
La question du pouvoir d’achat a également occupé une place importante dans les débats. Les parlementaires ont salué les augmentations salariales décidées par le président de la République, ainsi que l’absence de nouvelles charges fiscales dans le projet de loi de finances 2027. Ils ont toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de protection du pouvoir d’achat et de prendre en considération les répercussions sociales des mesures économiques et financières. Dans ce contexte, ils ont appelé à soumettre toute éventuelle augmentation des prix des carburants à des études préalables approfondies, permettant d’en évaluer la pertinence économique et les conséquences sociales, dans le souci de concilier les impératifs financiers et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens. Concernant les ressources de l’État, les interventions ont mis l’accent sur la nécessité de renforcer la fiscalité ordinaire et d’accroître sa contribution au financement du budget, en comparaison avec la fiscalité pétrolière. Pour ce faire, les députés ont notamment préconisé l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, l’amélioration des mécanismes de recouvrement ainsi que la modernisation de l’administration fiscale.
Ces différentes préoccupations traduisent la volonté des parlementaires de faire du projet de loi de finances un instrument de concrétisation des orientations économiques et sociales du pays, à travers le soutien à l’investissement et à la production, la poursuite des projets stratégiques, la diversification des sources de revenus nationaux et le renforcement de la protection sociale. Parmi les interventions consacrées aux préoccupations locales, le député du Mouvement El Bina, El Watani et Senati Abdennabi, du Rassemblment national démocratique (RND),représentant la circonscription électorale de Barika et d’Illizi , ont appelé à l’affectation d’enveloppes financières exceptionnelles, afin de rattraper les insuffisances enregistrées en matière de développement. Un cri de détresse a été emis concernant les difficultés liées à la prise en charge des citoyens en matière de prise en charge médicale, notamment dans les régions reculées. Ils ont notamment évoqué les besoins liés à l’aménagement des structures snitaires, aux routes, aux réseaux d’alimentation en eau potable et à l’assainissement. Les débats ont également permis d’attirer l’attention sur «le déséquilibre budgétaire que fait apparaître le PLF 2027», avec des recettes publiques estimées à 9 251 milliards de dinars, contre des crédits de paiement de 17 882 milliards de dinars, soit un déficit avoisinant les 8 632 milliards de dinars. Le gouvernement doit préciser les mécanismes stratégiques prévus «pour financer ce déficit, tout en veillant à maîtriser l’endettement public et à préserver les grands équilibres du Trésor», a souligné Lakchichi Hamza de la formation El Fadjr El Djadid. Tout en saluant les mesures relatives à la promotion de l’investissement, à la transition numérique et au soutien des produits de première nécessité, le parlementaire a émis des réserves sur certaines dispositions fiscales, estimant que la révision des seuils d’imposition et l’augmentation de certaines taxes pourraient affecter les jeunes entreprises et le pouvoir financier de la classe moyenne. Il a, dans ce sens, plaidé «pour une politique fiscale fondée davantage sur l’élargissement de l’assiette et l’intégration du marché parallèle que sur une pression accrue sur les contribuables réguliers».
F. A.
Source : Le Jour d’Algérie