LE JOURNAL
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La doctrine de sécurité présentée par Benjamin Netanyahu le 18 octobre 2026 repose sur l’action préventive, la supériorité technologique, le renseignement et l’autonomie industrielle.
Israël entend préserver sa liberté d’action (je dirais d’agression) militaire, affaiblir les capacités de ses adversaires et empêcher l’émergence de menaces à ses frontières.
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Cette stratégie vise à consolider son hégémonie régionale, mais elle comporte un risque : en multipliant les opérations militaires et les pressions sur ses voisins, Tel-Aviv favorise les rapprochements destinés à contrebalancer sa puissance.
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1- Le projet d’« Hexagone des alliances »
Annoncé en février 2026, le projet « d’Hexagone des alliances » constitue le volet diplomatique de cette ambition. Netanyahu entend articuler des partenariats au Moyen-Orient, en Méditerranée , en Asie et en Afrique.
L’Inde, la Grèce, Chypre et les Émirats arabes unis occupent une place importante dans cette architecture. La normalisation israélo-émiratie de 2020 a notamment ouvert la voie à une coopération économique et sécuritaire accrue. L’objectif consiste à relier des partenariats bilatéraux pour élargir la marge de manœuvre israélienne.
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Les Émirats arabes unis constituent le principal pivot régional de cette architecture. Sur la carte présentée par Netanyahu, Israël et les Émirats apparaissent de la même couleur, en bleu foncé, tandis que d’autres pays, territoires et acteurs armés figurent en bleu clair.
L’axe adverse, où l’on trouve notamment l’Arabie saoudite, le Pakistan, la Turquie et l’Égypte, est représenté en vert. Cette représentation suggère une hiérarchie des proximités géopolitiques de chaque axe.
Elle met en évidence l’étendue des réseaux d’influence d’Abou Dhabi, de la Méditerranée méridionale à la mer Rouge et à la Corne de l’Afrique.
Les forces de Khalifa Haftar dans l’est libyen, le Conseil de transition du Sud au Yémen et les Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan figurent parmi les acteurs associés à cette sphère d’influence pro-israélienne.
Ces relations solides et multiformes avec Israël traduisent la convergence entre le partenariat israélo-émirati et les ambitions propres des Émirats, notamment en matière d’influence régionale, de contrôle des infrastructures portuaires et de sécurisation des routes maritimes.
La compétition stratégique s’étend à la Libye, au Soudan et à la Corne de l’Afrique. Les ports, les corridors maritimes et les alliances locales y constituent des enjeux majeurs. Le conflit soudanais, les réseaux de Khalifa Haftar et les rivalités autour du Somaliland illustrent cette extension géographique des rapports de force.
En Afrique du Nord, le Maroc fait figure de partenaire de premier plan de cette architecture, mise au service des intérêts et de l’influence d’Israël.
2- L’axe sunnite
Face à cette stratégie, Netanyahu identifie un axe sunnite associant l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte et le Pakistan. Ces puissances disposent de ressources militaires, économiques et diplomatiques considérables, mais leurs intérêts ne coïncident pas systématiquement. Riyad cherche à protéger son territoire et ses infrastructures énergétiques.
Ankara entend préserver sa profondeur stratégique et développer son industrie de défense. Le Caire privilégie la stabilité de son voisinage et s’oppose au déplacement forcé de Palestiniens vers le Sinaï. Islamabad entretient des relations militaires étroites avec Riyad et approfondit sa coopération, notamment militaire, avec Ankara.
Le rapprochement entre ces trois derniers partenaires a pris une dimension concrète avec l’accord de défense signé en août 2026 par l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Celui-ci prévoit une assistance mutuelle en cas d’agression armée. L’Égypte n’en est pas signataire, malgré ses consultations avec ces pays. Cet accord témoigne d’une volonté de renforcer les capacités régionales de sécurité et de réduire certaines dépendances extérieures.
Il ne constitue pas, en soi, une alliance dirigée contre Israël. Il limite néanmoins la possibilité pour Tel-Aviv de traiter séparément les principales puissances de son environnement régional.
3- L’axe iranien
L’axe iranien repose, quant à lui, sur des partenaires politiques et armés au Liban, au Yémen, en Irak et dans les territoires palestiniens. Le Hezbollah demeure un relais majeur de Téhéran, malgré les pertes subies face à Israël.
Les Houthis conservent des capacités de frappe en mer Rouge et dans le golfe d’Aden. En Irak, plusieurs milices entretiennent des relations étroites avec les Gardiens de la révolution. Le Hamas a également bénéficié d’un soutien iranien, tout en poursuivant ses propres objectifs.
Ces acteurs permettent à Téhéran d’exercer une pression sur plusieurs fronts, sans former pour autant une structure de commandement homogène.
Les milices irakiennes et les Houthis conservent néanmoins des moyens d’action. L’ancrage local de ces partenaires contribue à leur résilience, même si les capacités de soutien et de coordination de Téhéran subissent davantage de contraintes.
Les revers essuyés par l’Iran, notamment la perte de son principal allié en Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad et les conséquences de la guerre américano-israélienne, ont fragilisé ses réseaux d’influence régionaux.
Pour sortir de son isolement, Téhéran cherche désormais à rejoindre le pacte de La Mecque. Cette initiative tactique a peu de chance d’aboutir car elle se heurte aux contentieux persistants avec l’Arabie saoudite et à la méfiance qui continue de marquer ses relations avec la Turquie .
En conclusion , la stratégie de Netanyahu se heurte à une contradiction fondamentale. Israël cherche à renforcer sa sécurité en consolidant sa supériorité militaire et ses partenariats extérieurs. Mais ses opérations régionales agressives et expansionnistes et la persistance du conflit palestinien encouragent plusieurs puissances de la région à rapprocher leurs positions.
« L’hexagone » israélien reste un projet, la convergence sunnite demeure traversée par des rivalités et l’axe iranien conserve des capacités malgré ses revers. Israël entend structurer son environnement stratégique, mais ses voisins cherchent eux aussi à préserver leur autonomie et à peser sur les équilibres régionaux.
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Source : TSA Algérie