LE JOURNAL
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Les participants à la Conférence internationale sur la protection des cours d’eau transfrontaliers et la prévention de la pollution environnementale, dont les travaux se sont poursuivis mardi à Tlemcen pour la deuxième journée, ont souligné l’importance du recours aux nouvelles technologies pour trouver des solutions à la pollution des cours d’eau transfrontaliers.
Le chef de secteur à l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE), Abderrahim Bedraoui, a indiqué qu’il existait plusieurs solutions pour renforcer la protection des cours d’eau transfrontaliers. Il s’agit notamment, a-t-il expliqué de «solutions techniques reposant sur les nouvelles technologies et sur des modèles destinés à surveiller la qualité de l’eau, ainsi qu’à élaborer des bases de données permettant de comprendre la propagation de la pollution». D’autres solutions, de nature institutionnelle, consistent à renforcer la coopération internationale, afin de garantir la protection des écosystèmes partagés, a-t-il ajouté. Le même intervenant a également évoqué la qualité des eaux de surface dans le bassin du barrage de Hammam Boughrara, dans la wilaya de Tlemcen, ainsi que celle des oueds qui s’y déversent. Il a signalé les différents points de pollution recensés dans cette zone et les installations destinées au traitement des eaux, notamment la station d’épuration de l’oued Mouilah, qui répond aux normes internationales. De son côté, le directeur du barrage de Hammam Boughrara, dans la wilaya de Tlemcen, Amar Sofiane, a expliqué que cet ouvrage est confronté depuis de nombreuses années à un problème de pollution provoquée par les eaux contaminées provenant de la frontière ouest du pays. Il a indiqué que cette pollution avait entraîné à deux reprises la mortalité des poissons dans le barrage : une première fois en septembre 2024, puis une seconde fois en octobre de la même année. Une quantité considérable de poissons morts, estimée à 45 tonnes, avait alors été retirée, afin d’éviter la contamination de l’eau du barrage, de protéger les réserves d’eau qui y sont stockées et de préserver la santé des populations qui en bénéficient, a fait observer Amar Sofiane. Concernant les mesures prises pour limiter ce phénomène, il a affirmé que l’Etat algérien avait «déployé des efforts considérables pour faire face aux écoulements d’eaux polluées», précisant que plusieurs organismes et commissions procèdent à des analyses de l’eau, afin de garantir l’approvisionnement en eau potable des habitants de Hammam Boughrara et de Maghnia, jusqu’à la frontière ouest du pays. Le même responsable a ajouté que les services du barrage prélèvent régulièrement et en continu des échantillons d’eau, afin de les analyser et de les examiner, dans le but de protéger la santé des citoyens et de préserver la qualité de l’eau. Pour sa part, Hani Abdelaziz Al-Chimi, ancien doyen de la Faculté d’agriculture de l’Université du Caire, a indiqué que de nombreuses applications de l’intelligence artificielle peuvent être utilisées dans la recherche scientifique visant à trouver des solutions scientifiques dans le domaine des ressources en eau. Cette utilisation permet de gagner du temps et de réduire les coûts. Il a précisé que «le recours aux nouvelles technologies est devenu indispensable pour lutter contre la pollution des cours d’eau transfrontaliers». Dans une déclaration à l’APS en marge de la Conférence, la chercheuse tunisienne Faten Atik Bahr, membre de l’organisation «Terre du futur», basée en Afrique du Sud, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération et la coordination régionales, afin de lutter contre la pollution qui menace les ressources en eau, notamment les eaux transfrontalières. Elle a, à cet égard, mis en avant l’expérience de coopération entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye dans le domaine de la gestion des eaux souterraines, la présentant comme un exemple de l’importance de la coordination régionale pour gérer les ressources en eau partagées et relever les défis liés à la sécurité hydrique. S’agissant de l’expérience algérienne en matière de gestion des ressources en eau, l’intervenante a souligné les progrès réalisés dans le domaine du dessalement de l’eau de mer et de la gestion des ressources hydriques. Elle a estimé que l’intérêt croissant accordé à ces questions témoigne d’une prise de conscience de l’importance de relever les défis liés à la sécurité hydrique.
Faten D.
Source : Le Jour d’Algérie