LE JOURNAL
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Les manifestations du 17 octobre ont dégénéré en violences et en pillages, et la France redoute une nouvelle journée à risque ce samedi 24 octobre.
En interdisant des manifestations, en décrétant des couvre-feux et en déployant un dispositif sécuritaire massif, le gouvernement français porte atteinte à des libertés publiques que garantissent ses propres textes constitutionnels. Le maintien de l’ordre ne justifie pas de les placer sous tutelle.
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Manifestations en France : quelle place pour l’armée ?
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Le recours à la force antiterroriste « Sentinelle » en plus des forces mobiles et des blindés, illustre cette dérive inquiétante.
L’armée n’a pas vocation à devenir un outil ordinaire de gestion de la contestation sociale, et la présence de militaires dans ce dispositif pose une question de fond : quelle place donner aux forces armées dans le maintien de l’ordre intérieur ?
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La contradiction saute aux yeux. En Afrique et ailleurs, dans les pays en voie de développement, Paris condamne les interdictions de manifester, les entraves à la liberté d’expression et la répression des « oppositions ».
Un universalisme à géométrie variable
Mais dès que la contestation gagne ses propres rues, la République multiplie les interdictions et renforce son arsenal sécuritaire. Les principes démocratiques paraissent soudain bien moins intangibles quand ils gênent le pouvoir français.
C’est un universalisme à géométrie variable : la France s’arroge le droit de juger les pratiques politiques des autres, mais soumet chez elle les libertés publiques à des impératifs de sécurité.
Avant de distribuer ses certificats de démocratie aux pays africains, Paris gagnerait à examiner ses propres pratiques. On ne peut pas exiger des autres une liberté que l’on restreint chez soi. En banalisant ces mesures coercitives, jusqu’à associer des moyens militaires à la sécurisation de la contestation légitime, la France crée un précédent dangereux pour sa propre démocratie.
La France, qui piétine chez elle les libertés qu’elle prétend défendre ailleurs, est désormais disqualifiée pour donner des leçons de démocratie au monde, et singulièrement à l’Afrique.
*Ancien ambassadeur d’Algérie
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Source : TSA Algérie