LE JOURNAL
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Le MC Alger joue gros ce vendredi. À partir de 20h, au stade Ali-Ammar de Douéra, le Doyen doit renverser le champion du Nigeria Enugu Rangers, vainqueur 2-0 à l’aller, pour décrocher une place en phase de poules de la Ligue des champions de la CAF. Au-delà du résultat, c’est toute la teneur de la saison qui se joue : avec ou sans LDC africaine, et surtout dans quel climat pour la direction du club.
Ce que coûterait une élimination
Pour se qualifier, le MCA doit rééditer l’exploit de 1976. En demi-finales, il avait déjà été battu 2-0 au Nigeria, par ce même Enugu Rangers, avant de s’imposer 3-0 au stade du 5-Juillet. Il avait terminé l’année champion d’Afrique.
Sur le plan financier, l’élimination serait lourde de conséquences sur les revenus. Selon le barème de la CAF, les équipes classées 3e et 4e de leur poule touchent 700 000 dollars chacune et les quarts de finalistes 900 000 dollars. Un club éliminé avant les poules ne reçoit, lui, qu’une indemnité symbolique, autour 50 000 dollars . Le manque à gagner concernent également les recettes de billetterie de trois matchs à domicile et la visibilité offerte aux sponsors durant les six matchs de la phase de poules. Or l’argent est précisément au cœur de la crise : le chèque que Sonatrach a mis sur la table pour le mercato d’été s’est révélé insuffisant pour attirer les stars ciblées et renforcer l’effectif pour conquérir le continent.
Une crise déjà à demeure
La tension ne date pas de l’aller. Elle couve depuis l’éviction de Hadj Redjem de la tête du conseil d’administration, remplacé début septembre par Mohamed Larbi Yakoubi, malgré un bilan flatteur de trois titres de champion d’Algérie consécutifs. Les supporters lui reprochaient l’échec du recrutement des cibles de l’été.
Elle est montée d’un cran mercredi, avec la démission d’Abdenour Kaoua, annoncée par l’intéressé lui-même sur les réseaux sociaux. L’ancien gardien du club avait été coopté il y a moins de deux mois, lors de l’intronisation de Yakoubi.
Le dossier Youcef Belaïli illustre les difficultés du mercato. L’international a signé un précontrat engageant avec le Mouloudia, avant de s’envoler pour prolonger avec l’Espérance de Tunis. Motif de ce revirement : une question d’argent. Le joueur réclamait une avance sur sa prime de signature, que le MCA voulait différer après la visite médicale obligatoire. Pour Sonatrach, l’humiliation est double, financière et symbolique.
Une gouvernance qui peine à changer d’échelle
Cet épisode renvoie au bilan de la gouvernance de Sonatrach. Dans sa nouvelle version depuis 2011, elle a mis douze ans à générer des résultats sportifs. Elle se montre pourtant impuissante à hisser le club au niveau des grandes écuries du continent, objectif pourtant affiché.
Au match aller à Abeokuta, les supporters des verts et rouge , venus à plusieurs centaines, s’en sont pris à l’entraîneur Benyahia. Mais en cas d’élimination, c’est tout le management de Sonatrach qui serait mis en cause, avec de possibles débordements. Des supporters avaient déjà pris pour cible le siège de la compagnie par le passé.
Le scénario peut encore être évité. Une qualification miraculeuse offrirait un répit salutaire à la direction pour la suite de la saison. Pour cela, le MCA de 2026 devra ressembler à celui de 1976, celui qui a fini champion d’Afrique en décembre. L’histoire peut elle se répéter face à Enugu Rangers ? La réponse s’écrit ce vendredi soir à partir de 20h, dans un stade de Ali La Pointe de Douéra incandescent.
Source : Maghreb Émergent