LE JOURNAL
Choisissez une date pour retrouver les articles complets publiés ce jour-là.
Chargement des archives…
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient de publier sa dernière série d’évaluations prospectives sur les marchés mondiaux des produits de base et la sécurité alimentaire. Les données révèlent une légère baisse de l’indice de référence des prix mondiaux des denrées alimentaires au mois d’octobre, principalement portée par la faiblesse de la demande internationale à l’importation. Toutefois, ce repli global masque des dynamiques contrastées selon les filières, sur fond de prévisions de production céréalière mondiale toujours élevées mais menacées par l’intensification des perturbations climatiques et politiques.
En octobre, l’indice FAO des prix alimentaires s’est établi en moyenne à 133,9 points, marquant un recul mensuel de 1,2 %. Ce tassement s’explique par la diminution conjuguée des indices des céréales, de la viande et des produits laitiers, un mouvement qui a plus que compensé la nette progression observée sur le marché du sucre et la légère hausse des huiles végétales. Bien que cet indice demeure supérieur de près de 6 % à son niveau enregistré un an plus tôt, il reste nettement inférieur à son sommet historique de mars 2022. Le secteur des céréales constitue le principal moteur de cette baisse mensuelle, avec un repli de son indice de 4,5 %. Après quatre mois d’augmentation continue, les cours internationaux du blé sont repartis à la baisse sous l’effet d’une demande internationale atone et de perspectives de récolte plus favorables dans certaines régions clés comme l’Argentine. Les anticipations d’un assouplissement des entraves logistiques en mer Noire ont également pesé sur les cours, même si les difficultés de transport y demeurent réelles. Les prix du maïs ont suivi une trajectoire similaire, délaissant les sommets atteints en fin d’été en raison des prévisions d’offres abondantes en Amérique du Sud et des avancées des récoltes. À l’opposé de cette tendance générale, le riz a vu ses cours progresser de 1,6 %, pénalisé par des retards de récolte et des conditions météorologiques défavorables. Du côté des autres commodités, le marché des huiles végétales enregistre une hausse minime de 0,3 %, soutenue par la fermeté des cours de l’huile de soja, très demandée par la filière des biocarburants, et par le redressement de l’huile de tournesol en raison d’offres limitées en mer Noire. De leur côté, les indices de la viande et des produits laitiers se sont repliés respectivement de 1,2 % et 1,1 %, pâtissant d’une offre abondante face à une demande mondiale globalement réservée, malgré une résistance constante des prix de la volaille et du lait en poudre. La véritable poussée de fièvre concerne le sucre, dont l’indice a bondi de 6,6 % en un mois, marquant sa quatrième hausse consécutive. Cette tension s’explique par les pluies torrentielles ayant perturbé les récoltes au Brésil, conjuguées aux inquiétudes pesant sur les rendements à venir en Inde, en Thaïlande et au sein de l’Union européenne. La FAO anticipe une production céréalière mondiale extrêmement solide pour l’année en cours. Même si elle s’inscrit en léger retrait par rapport au record absolu de la saison précédente, la récolte globale devrait atteindre 2 999 millions de tonnes, s’imposant comme le deuxième volume le plus élevé jamais enregistré. Ce léger recul touchera principalement le blé et le riz, ce dernier devant se contracter de 2,5 % sous l’effet conjugué de la baisse des marges des producteurs et du phénomène climatique El Niño. En parallèle, la consommation mondiale de céréales devrait poursuivre une lente progression de 0,2 %, tirée par l’alimentation humaine, même si ce rythme demeure légèrement en deçà de la croissance démographique globale.
Selma Dey
Source : L’Écho d’Algérie