LE JOURNAL
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C’est dans un paysage énergétique mondial marqué par des incertitudes persistantes, que se tiendra, à Moscou, du 25 au 27 octobre, le 8e Sommet des chefs d’État et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). En effet, le contexte reste encore dominé par les mutations du secteur énergétique mondial entraînées par une série de faits liés entre eux mêlant la hausse de la demande de gaz naturel et l’accentuation des défis géopolitiques, parallèlement aux évolutions des voies de transport et d’approvisionnement et aux besoins d’investissement dans le développement des infrastructures. Ce Sommet se tient après le 7ème tenu dans la capitale algérienne et sanctionné par la Déclaration d’Alger, document de référence du GECF. Les engagements contenus dans la Déclaration d’Alger restent d’actualité, notamment concernant les droits souverains des États membres sur leurs ressources gazières et l’importance du dialogue entre pays producteurs et consommateurs pour parvenir à la sécurité énergétique. Il en est de même pour la création de marchés du gaz naturel équilibrés et fiables. Un autre point concerne spécialement l’Afrique, il s’agit du « soutien à tous les pays dans leur lutte acharnée contre la précarité énergétique et dans leurs efforts pour apporter la prospérité à leurs peuples, ainsi que dans l’exercice de leurs droits fondamentaux de développer leurs ressources énergétiques ». La Déclaration d’Alger a exprimé la « condamnation de toutes les restrictions économiques unilatérales entreprises sans l’approbation préalable du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que l’application extraterritoriale de toutes mesures, lois et réglementations nationales à l’encontre des pays membres du GECF qui impactent négativement le développement et le commerce du gaz naturel et mettent en péril la sécurité de l’approvisionnement en gaz naturel ». Nul doute qu’à Moscou, ces principes seront maintenus et approfondis dans la déclaration commune qui sera adoptée par le 8ème Sommet du GECF. L’accent sera certainement mis, une nouvelle fois, sur le rôle fondamental du gaz naturel dans la réponse à apporter aux défis énergétiques. Dans le cadre de son rapport « Global Gas Outlook 2055 », le GECF avait prévu une hausse de la demande mondiale sur le gaz naturel de l’ordre de 30% pour atteindre 5417 milliards de mètres cubes (m3) d’ici 2055, et avait souligné que cette ressource va continuer de renforcer son rôle dans le système énergétique mondial au cours des 30 prochaines années. Dans ce même rapport, le GECF a précisé que la demande mondiale de gaz naturel connaîtra un taux de croissance annuel moyen de 2,7%, expliquant cette hausse notamment par la croissance économique globale et la transition des systèmes énergétiques ainsi que les impératifs de décarbonation. La part du gaz naturel dans le mix énergétique mondial va aussi augmenter, en passant d’un taux de 23 % en 2024 à 26% d’ici 2055, a fait savoir le rapport en attribuant cette hausse de la consommation mondiale de gaz naturel à la demande d’électricité qui va doubler. Les projections du GECF prévoient également l’augmentation de la part de l’électricité dans la demande énergétique finale et qui passera de 22% en 2024 à 32 % en 2055. Le GECF fait savoir que l’Europe sera la seule région qui connaîtra une baisse à long terme en la matière. Il y a un an, réunis à Doha (Qatar), les ministres GECF avaient souligné la nécessité de renforcer les investissements gaziers afin de répondre à la demande croissante pour cette source d’énergie propre, tout en mettant en garde contre les appels « trompeurs » à cesser le financement des projets de développement gazier. Les ministres du Forum avaient exprimé leur profonde préoccupation face au règlement européen sur les émissions de méthane (EU MER), la directive européenne sur le devoir de vigilance en matière de durabilité des entreprises (EU CSDDD) et le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (EU CBAM). Pour rappel, les 12 pays membres du GECF, (dont l’Algérie, ainsi que la Russie, le Qatar et l’Iran) détiennent près de 70 % des réserves mondiales prouvées de gaz, représentent 38 % de la production mondiale commercialisée et 42 % des exportations mondiales, dont 47 % des exportations de gaz naturel liquéfié. M’hamed Rebah
Source : Le Courrier d’Algérie