LE JOURNAL
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La coopération sportive entre l’Afrique et la Chine entre dans une nouvelle phase. Reçu mercredi dernier à Alger par Mustapha Berraf, président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), le ministre chinois de l’Administration générale des sports, Gao Zhidan, a examiné avec la partie africaine les moyens d’approfondir et de diversifier un partenariat destiné à accompagner les talents du continent jusqu’aux Jeux olympiques de Brisbane 2032.
Au cœur des discussions figure la prolongation du mémorandum d’entente liant l’ACNOA et la République populaire de Chine jusqu’en 2032. Un accord initialement signé le 29 septembre 2023 à Hangzhou, que les deux parties souhaitent désormais traduire en programmes concrets au profit des athlètes, des entraîneurs et des cadres techniques africains.
Des talents africains accompagnés jusqu’en 2032
Mustapha Berraf a appelé à identifier, dès les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026, les jeunes athlètes africains les plus prometteurs afin de leur offrir un accompagnement durable. L’objectif : leur permettre de perfectionner leur préparation aux côtés d’athlètes chinois de haut niveau, en s’appuyant sur l’expertise, les méthodes d’entraînement et les infrastructures du partenaire chinois.
« L’accord que nous avons signé, entre la République populaire de Chine et l’ACNOA, nous tient particulièrement à cœur. Nous souhaitons désormais lui donner une traduction concrète, au bénéfice de nos athlètes, entraîneurs et cadres techniques », a déclaré le président de l’ACNOA, accompagné de la championne olympique Hassiba Boulmerka, vice-présidente du Comité olympique et sportif algérien, et de l’ambassadeur de Chine en Algérie, Dong Guangli.
Selon le schéma évoqué, les médaillés et talents révélés à Dakar bénéficieront d’un suivi régulier, d’une préparation adaptée à leur discipline et d’un encadrement associant leurs entraîneurs. Cette démarche vise à faire des Jeux de Dakar non pas une fin de parcours, mais le point de départ d’une progression vers le plus haut niveau international, avec Brisbane 2032 comme horizon.
Un dispositif spécifique pour Los Angeles 2028
Les deux délégations ont également abordé la mise en place d’un programme de préparation destiné aux athlètes africains qualifiés pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Ce dispositif pourrait comprendre des stages spécialisés, l’accès à des équipements et structures de haut niveau, ainsi qu’un accompagnement technique en complément du travail mené au sein des sélections nationales.
Pour Gao Zhidan, également président du Comité olympique chinois, cette coopération doit reposer sur le partage d’expériences et de compétences dans plusieurs disciplines. « Ces échanges constituent une étape dans les discussions engagées entre l’ACNOA et la partie chinoise, en vue de définir les contours d’un éventuel partenariat stratégique et les mécanismes susceptibles de concrétiser cette volonté commune de coopération », a-t-il indiqué.
La formation des entraîneurs constitue l’un des axes majeurs de ce partenariat. Des sessions spécialisées et des échanges pratiques au sein des structures chinoises sont envisagés, notamment en gymnastique, tennis de table, athlétisme, football et natation, afin que les savoir-faire acquis soient ensuite diffusés dans les fédérations et structures nationales africaines.
Les échanges n’ont pas été limités à la préparation olympique. Ils ont aussi porté sur le PADIC, programme panafricain d’infrastructures numériques, de gouvernance des données et de renforcement des capacités en cybersécurité, conçu et porté par l’ACNOA. Ce projet s’appuie sur le réseau des 54 comités nationaux olympiques africains et ambitionne d’étendre ses bénéfices à la formation, l’innovation et l’intelligence artificielle.
Le professeur Thomas Grechenig, fondateur de RISE, partenaire technologique de l’ACNOA, a présenté ce programme à la délégation chinoise. Les discussions ont permis d’engager une réflexion sur les possibilités de coopération pour sa mise en œuvre, ouvrant la voie à un partenariat qui dépasse le seul champ sportif pour toucher la jeunesse, les institutions et les écosystèmes économiques africains.
Cette visite s’inscrit, par ailleurs, dans le cadre de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels 2026, lancée en janvier à Addis-Abeba. Elle traduit une volonté affichée des deux parties de renforcer la transmission des savoir-faire au bénéfice de la jeunesse africaine.
Une ambition portée à l’échelle continentale
« Nous unirons nos efforts pour ouvrir un nouveau chapitre de la coopération sportive et technologique entre la Chine et l’Afrique, au service de la jeunesse et des talents de demain », a affirmé le ministre chinois des Sports. De son côté, Mustapha Berraf a insisté sur la nécessité de transformer la coopération internationale en opportunités réelles : « Aucun talent ne doit voir son avenir limité par le manque de moyens ».
Candidat à la présidence de l’Association des comités nationaux olympiques (ACNO), le dirigeant algérien entend élargir cette dynamique aux 206 comités nationaux olympiques. Son ambition : renforcer leurs capacités, faciliter leur accès à l’expertise sportive et aux nouvelles technologies, et garantir à chaque athlète, quel que soit son pays, les conditions de sa réussite.
Retenu à Alger par ces discussions, Mustapha Berraf n’a pu participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar. Il devait rejoindre la capitale sénégalaise dès le lendemain, porteur des engagements convenus avec la partie chinoise pour la préparation et l’accompagnement des jeunes talents africains.
K. M.
Source : Planète Sport