LE JOURNAL
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Le temps d’un semi-marathon, la capitale des Hammadites a offert une formidable leçon de vivre-ensemble. Une fête populaire, sportive et musicale qui rappelle que le plus précieux atout touristique de l’Algérie demeure aussi son peuple.
Par Hafit Zaouche
Il suffit parfois d’un événement sportif pour raconter tout un pays. Le vendredi 16 octobre 2026, Béjaïa a réussi ce que tant de discours peinent à accomplir : montrer au monde une Algérie vivante, souriante, plurielle et profondément attachante. À l’occasion de la 20e édition de son semi-marathon international, la ville a vibré au rythme de près de 8 000 participants, transformant ses rues en un immense espace de partage, d’émotion et de bonheur collectif. Depuis, nous avons visionné à plusieurs reprises les photographies et les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. À chaque fois, la même émotion nous gagne. Des coureurs de tous âges, des femmes et des hommes réunis dans le même élan, de la musique, des danses spontanées, des encouragements et des sourires à perte de vue. Une ambiance extraordinaire, où la performance sportive s’efface parfois devant la beauté du moment vécu ensemble. Ce qui frappe dans ces images, c’est cette impression de liberté et de simplicité. Ici, chacun semble trouver naturellement sa place. Les différences deviennent secondaires, les barrières s’effacent et la rue appartient à tous. Le sport rassemble, la musique rapproche et la fête devient un langage universel. Une démonstration vivante de ce que peut être une société lorsqu’elle se retrouve autour d’une passion commune. C’est cette Algérie-là que nous aimerions voir plus souvent racontée au monde. Les images du semi-marathon ont largement circulé sur les réseaux sociaux, attirant l’attention de nombreuses pages, y compris à l’étranger. Pour beaucoup d’internautes, cette découverte a été l’occasion de porter un autre regard sur notre pays, loin des représentations habituelles qui réduisent parfois l’Algérie à une vision sombre et incomplète. Car notre pays possède bien d’autres visages. Celui d’une jeunesse pleine d’énergie, d’une population attachée à ses traditions mais avide de rencontres, d’une société où la convivialité et le sens du partage occupent une place essentielle. Cette richesse humaine ne demande qu’à être mieux connue et davantage valorisée. Les réactions suscitées par ces images sont révélatrices. «Voilà l’Algérie dont je rêve», écrit un internaute. «Vive l’Algérie plurielle», ajoute un autre. D’autres saluent cette ambiance exceptionnelle, cette fraternité et cette possibilité de vivre ensemble dans le respect de chacun. Ces commentaires expriment bien plus qu’un simple enthousiasme sportif. Ils traduisent une fierté collective et un désir profond : celui de voir l’Algérie heureuse, ouverte, solidaire et pleinement consciente de ses richesses. Il ne s’agit pas de prétendre qu’un événement résume à lui seul toute la réalité d’un pays. Mais il serait dommage de ne pas reconnaître la force de ces images positives, capables de toucher des milliers de personnes et de faire naître l’envie de découvrir notre territoire. Cette manifestation mérite une attention particulière. Trop souvent, nous présentons l’Algérie à travers ses plages, ses montagnes, ses sites archéologiques, son Sahara et ses monuments. Ces trésors sont incontestables, mais une destination ne se résume jamais à la beauté de ses paysages. Le voyageur recherche également une atmosphère, des rencontres, une expérience et des émotions qu’il pourra emporter avec lui. Il veut découvrir la vie quotidienne, partager un repas, écouter une musique, comprendre une culture et se sentir accueilli. Sur ce terrain, le semi-marathon de Béjaïa a offert une magnifique illustration du potentiel touristique algérien. Entre mer et montagne, la ville des Hammadites a montré qu’elle pouvait être une destination sportive, festive et conviviale. Elle a prouvé qu’un événement bien organisé pouvait mobiliser toute une communauté, attirer des participants venus de différentes régions et donner une visibilité nouvelle à un territoire. Près de 8 000 coureurs, représentant 46 wilayas et plusieurs pays étrangers, ont contribué à faire de cette vingtième édition un rendez-vous national majeur. Derrière les performances et les classements, il y avait surtout une aventure humaine : des rencontres, des découvertes, des encouragements et cette sensation rare d’appartenir, le temps d’une matinée, à une même famille. C’est précisément cette dimension qu’il faudrait davantage intégrer à la promotion touristique de l’Algérie. Les marathons, les trails, les festivals, les fêtes traditionnelles et les manifestations culturelles peuvent devenir de véritables portes d’entrée vers nos territoires. Ils donnent une raison de voyager, prolongent les séjours et permettent aux visiteurs de découvrir le pays autrement. Béjaïa dispose d’atouts naturels remarquables, mais son attractivité repose aussi sur son dynamisme associatif, sa population et sa capacité à organiser des événements fédérateurs. Le semi-marathon rappelle qu’un territoire gagne en visibilité lorsque ses habitants deviennent les premiers ambassadeurs de leur ville. Cette réussite doit inspirer d’autres régions. Il faut encourager les initiatives locales, soutenir les organisateurs, améliorer les infrastructures d’accueil et inscrire les grands rendez-vous sportifs dans une véritable stratégie de promotion touristique. Les images partagées spontanément par les participants peuvent alors compléter le travail des professionnels et toucher des publics que les campagnes classiques atteignent difficilement. À l’heure où les destinations se disputent l’attention des voyageurs, l’Algérie possède un avantage précieux : l’authenticité de ses paysages, la diversité de ses cultures et la générosité de ses habitants. Encore faut-il transformer ces atouts en expériences accessibles, bien organisées et durables. Le semi-marathon de Béjaïa nous rappelle enfin une évidence : nous n’avons pas besoin de fabriquer artificiellement une image pour séduire le monde. Nous devons surtout donner à voir, avec justesse et fierté, ce que notre pays possède déjà de meilleur. Ce vendredi d’octobre, les rues de Béjaïa ont résonné de pas, de musique et de rires. Au-delà de la compétition, elles ont porté un message universel : nous avons tous besoin de sport, de rencontres, de liberté et de bonheur partagé. À Béjaïa, le temps d’une course, cette Algérie a pris vie sous nos yeux. Une Algérie plurielle, accueillante et lumineuse. Une Algérie qui donne envie de voyager, de rencontrer et de revenir.
Semi-marathon de Béjaïa 2026 Les run-poussettes en force, quand le bonheur court en famille Le vendredi 16 octobre 2026, le semi-marathon de Béjaïa nous a offert bien plus qu’une grande fête du sport. Au milieu des milliers de coureurs, des sourires et de cette ambiance exceptionnelle qui a fait vibrer la ville, certaines images ont particulièrement retenu notre attention : celles de jeunes mamans courant avec leurs bébés confortablement installés dans leurs poussettes. Des images attendrissantes, spontanées et pleines de vie, qui nous ont fait énormément plaisir. À travers ces femmes, Béjaïa a découvert une pratique encore peu connue en Algérie : le run-poussette, ou l’art de concilier la passion de la course à pied avec les joies de la parentalité. Et si Bejaïa nous avait offert, ce 16 octobre, une belle leçon de bonheur partagé ? En voyant ces mamans prendre le départ, pousser leurs poussettes et avancer au milieu des autres participants, nous avons ressenti une immense fierté. Elles n’étaient pas simplement venues courir. Elles ont montré qu’une manifestation sportive pouvait accueillir toutes les générations, toutes les histoires et toutes les façons de vivre sa passion. Bien entendu, la reprise de la course après une grossesse doit respecter le rythme de chaque femme, son état de santé et les recommandations des professionnels de santé. Courir avec un bébé exige également une poussette adaptée à la course et des conditions de sécurité appropriées. Mais lorsque toutes les précautions sont réunies, cette pratique peut devenir une belle aventure familiale. Au-delà de la performance et du chronomètre, le run-poussette porte une dimension sociale importante. Il permet aux jeunes parents de sortir de l’isolement, de rencontrer d’autres familles, de partager leurs expériences et de retrouver progressivement le plaisir d’une activité physique. Ici, l’essentiel n’est pas de courir plus vite que les autres, mais d’avancer ensemble, chacun à son rythme. Et quel meilleur décor que Béjaïa, cette ville méditerranéenne où la mer, les montagnes et l’énergie populaire composent un cadre exceptionnel pour les activités de plein air ? Le semi-marathon de Béjaïa 2026 restera dans les mémoires pour son ampleur, son ambiance et cette Algérie joyeuse, sportive et plurielle que nous aimons tant raconter. Mais il restera aussi gravé dans nos esprits grâce à ces mamans qui, avec leurs poussettes, ont apporté une touche de tendresse à la fête. À Béjaïa, ce vendredi 16 octobre, il n’y avait pas seulement des milliers de personnes qui couraient. Il y avait aussi des bébés qui découvraient la fête au rythme des foulées de leurs mamans. Béjaïa a couru. Les mamans ont souri. Les poussettes ont avancé. Et l’Algérie que nous rêvons de voir grandir a, une fois encore, montré son plus beau visage.
Hafit Z.
Source : Le Jour d’Algérie